La tension monte au Mali. Les Touaregs veulent chasser de leur territoire l’armée et Al-Qaida, qu’ils accusent de collusion.
Les ONG présentes dans la région ont tiré la sonnette d’alarme. Les enlèvements de ressortissants occidentaux au Sahel ne sont que le symptôme d’une situation qui va en se dégradant. « Le dialogue est rompu. Le pouvoir malien est en train d’envoyer des chars et plusieurs milliers d’hommes sur le terrain dans l’extrême nord. Nous sommes dans la reprise des hostilités entre Bamako et les Touaregs », déclare à la Tribune de Genève Hama Ag Sid’Ahmed, porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). (…)
Le représentant du MNLA soutient qu’une partie de l’armée malienne est de connivence avec les groupes terroristes d’Al-Qaida au Maghreb islamiste (AQMI). « Certaines bases d’AQMI se situent à 10 ou 15 kilomètres à peine des bases militaires. Des officiels ont des contacts directs avec les chefs terroristes. Cela, pour faire en sorte d’évacuer les Touaregs de leur territoire », soutient Hama Ag Sid’Ahmed, qui pointe aussi le rôle joué dans la région par les « barons de la drogue ». (…)
En octobre dernier, la rébellion a déclaré la guerre à Al-Qaida. Hama Ag Sid’Ahmed reconnaît que certains jeunes Touaregs se sont laissés embrigader par l’AQMI. « Depuis deux mois, nous avons intensifié nos efforts pour les récupérer. Vingt-cinq d’entre eux ont déjà regagné nos rangs », assure-t-il. L’envie d’en découdre est là. Elle répond aussi à une soif de liberté.
Le MNLA disposerait d’un millier de combattants et d’une quarantaine d’officiers touaregs, tous très bien formés. « Nous avions alerté les pays occidentaux il y a plus de quatre ans sur la situation dans la région. Personne n’a voulu nous croire ni nous écouter », déplore Hama Ag Sid’Ahmed, qui lance un ultime appel à la communauté internationale pour qu’elle aide les Touaregs « à sortir de ce chaos et évite l’embrasement de l’ensemble de la région ».
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