Hiçhtouère di yun révirou

Claude Prost (dit Lacuzon ou Lacuson ou encore La Cuson) né à Longchaumois (en Franche-Comté-Comté de Bourgogne alors possession espagnole) vers 1607 et mort en exil dans le Milanais en 1681.

Commerçant à Saint-Claude, il prend les armes dès l’invasion de la Franche-Comté en 1636 par les Français. Il réussit à se constituer une force militaire capable de lutter contre les troupes suédoises alliées des Français et dirigées par Bernard de Saxe-Weimar. Il est surnommé Lacuzon, ce qui en patois signifie « le souci », à cause de son humeur taciturne et vigilante.

Il lutte d’abord dans le Bugey, puis multiplie les coups de main en Bresse. Installé au château de Montaigu, il s’empare en 1641 de la forteresse de Saint-Laurent-la-Roche et pousse ses actions jusqu’à Louhans. Les traités de Westphalie en 1648 mettant fin à la guerre de Trente Ans, Lacuzon interrompt son activité militaire.

Lorsque Louis XIV entre en Franche-Comté en 1668, le vieux partisan reprend les armes mais la résistance comtoise s’essouffle. En 1674, Lacuzon, « le héros de l’indépendance », refusant l’annexion française, s’exile, sur le point d’être pris, et gagne le Milanais, possession espagnole. Il meurt à Milan le 21 décembre 1681, entouré de ses camarades d’exil. On ne sait pas où il fut enterré.

Il reste pour les Comtois le symbole de l’esprit d’indépendance et de révolte. De nos jours, de nombreuses rues et places portent son nom dans les villes et villages comtois.

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Réteniaince detchus lâs ondées

Viktor Orban, le premier ministre nationaliste hongrois, veut couper le son de Klubradio.

Mais pour l’instant, cette chaine tient bon. Chaque jour, environ 400.000 auditeurs écoutent ses informations et ses débats.
Klubradio n’hésite pas à critiquer le gouvernement, et Viktor Orban ne le supporte pas. Ces derniers mois, le pouvoir a tout fait pour étouffer la deuxième radio généraliste du pays.
D’abord, la pression a été financière. L’Etat et les sociétés publiques ont cessé de diffuser leurs publicités sur l’antenne. Puis des entreprises privées ont arrêté, à leur tour, d’acheter des sports. Sur le site Myeurop.info, le rédacteur en chef raconte que le chiffre d’affaires a été divisé par deux. Les journalistes pigistes ne sont plus payés depuis longtemps. Les titulaires commencent eux aussi à se serrer la ceinture. La radio est étranglée.

Mais ça ne suffit pas. Klubradio émet encore. Alors l’Etat a trouvé un autre moyen, plus radical : il n’a pas renouvelé la fréquence de Klubradio à Budapest. Le puissant conseil des médias avance un argument infaillible : Klubradio diffuserait trop d’informations, et pas assez de musique. Sa fréquence a été attribuée à une nouvelle petite chaine totalement inconnue, baptisée Autoradio. Normalement, au mois de mars, la radio indépendante aura cessé d’émettre.

En attendant, elle résiste, grâce à ses journalistes et grâce à ses auditeurs qui ont trouvé de l’argent pour soutenir la chaine. A l’étranger, Klubradio reçoit aussi des soutiens. Hier, la Commission européenne a écrit au gouvernement hongrois, pour lui rappeler qu’il doit respecter la liberté des médias.

Cette liberté est de plus en plus restreinte. Au mois de décembre, des journalistes de la télévision publique avaient entamé une grève de la faim. Aussitôt, ils ont été licenciés. La pression est intense. En Hongrie, de nouvelles manifestations sont prévues ce week-end.

Site: franceinfo.fr

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Detchus lou frogne en Azawad

Des attaques, les premières depuis l’accord ayant mis fin à la rébellion, en 2009, grâce à la médiation d’Alger, ont été menées mardi dernier par des insurgés touareg contre des positions de l’armée malienne. Après Ménaka, les rebelles ont attaqué hier Aguelhok et Tessalit.

L’attaque menée mardi par des insurgés touareg contre des positions de l’armée malienne dans la localité de Ménaka, située près de la frontière nigérienne, est loin d’être un épiphénomène. La rébellion targuie a bel et bien repris dans le nord du Mali avec pour objectif, cette fois, d’obtenir l’«indépendance de l’Azawad». A l’inverse des soulèvements des années 1990 et 2000, les Touareg qui se sont abondamment ravitaillés en armes depuis la Libye semblent, aujourd’hui, avoir les moyens de tenir tête à l’armée malienne. La preuve ? Après l’offensive de Ménaka, les Touareg, structurés au sein du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ont attaqué hier deux autres villes du nord-est du Mali et ont dit vouloir en prendre d’autres.

Les localités ciblées sont Aguelhok et Tessalit, qui se trouvent à un jet de pierre de la frontière algérienne. Il s’agit des premières actions armées menées depuis un accord ayant mis fin à la rébellion, en 2009, grâce à la médiation d’Alger.  
Le MNLA, accusé par Bamako d’être derrière ces attaques, est un mouvement politico-militaire sans leader connu, né en 2011 de la fusion de groupes rebelles, dont le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM) d’Ibrahim Ag Bahanga, mort l’été dernier dans un accident de la route. «Cette nouvelle organisation a pour objectif de sortir le peuple de l’Azawad de l’occupation illégale du territoire de l’Azawad par le Mali», a indiqué son premier communiqué publié le 16 octobre 2011.
Provocation de Bamako ?
Dans un autre communiqué rendu public mardi, signé par Hama Ag Sid Ahmed, le porte-parole chargé des relations extérieures du mouvement, le MNLA regrette que les autorités maliennes aient rompu le dialogue, ignoré la région et «créé, une fois de plus, toutes les conditions pour une reprise des hostilités militaires» en renforçant notamment sa présence militaire dans la région de l’Azawad (lire à ce sujet l’article publié dans notre édition d’hier). «Ces déplacements massifs de troupes, qui inquiètent les populations civiles, ont été reçus par le Mouvement comme une invitation à la guerre de la part des autorités maliennes», mentionne Hama Ag Sid Ahmed qui avertit que «pour se protéger et réoccuper progressivement l’espace de l’Azawad et aussi répondre à la provocation de Bamako, des hommes de l’état-major du Mouvement national de libération de l’Azawad ont choisi d’engager leur vie». Hama Ag Sid Ahmed prévient, à ce propos, que des actions militaires importantes du MNLA continueront tant que Bamako ne reconnaîtra pas ce territoire comme une entité à part.

Et d’ajouter : «Ces actions militaires sont aussi un appel à la communauté internationale : tant qu’elle ne s’impliquera pas effectivement pour une résolution durable de ce conflit qui n’a que trop duré, les mêmes causes produiront les mêmes effets».  A signaler que la France qui a souvent été soupçonnée, durant les années 1970-80, d’œuvrer en faveur de la création d’un Etat touareg dans la région du Sahel a appelé hier au calme et soutenu l’idée que «l’usage de la force n’est pas une solution». «Nous suivons avec attention et préoccupation la situation au nord du Mali», a déclaré hier lors d’un point de presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, en réponse à une question sur la position de la France au regard de ces combats. «La France réaffirme son attachement à l’unité et à la stabilité du Mali ainsi qu’au respect des règles du dialogue démocratique pour l’expression et la solution des différends politiques», a conclu le porte-parole.
L’Algérie, qui partage une longue frontière avec le nord du Mali, n’avait quant à elle pas encore réagi à ces événements.

Site: El Watan.com

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Stop Castor: Gorleben 2006.

Suite à l’inculpation de militant.e.s anti-Castor à Valognes en novembre 2011, la CNT 25 vous invite le mercredi 25 janvier à 19h30 à une soirée projection-débat avec le film “Stop Castor: Gorleben 2006″. La projection a lieu dans l’amphi Donzelot à la fac des Lettres (32 Rue Mégevand) et le débat portera sur la diversité et la complémentarité des modes de luttes.

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Novèles di Brètanye

Article écrit par le mouvement Breizhistance (socialistes bretons)

L’amendement déposé par les députés Le Fur et De Rugy le 21 décembre dernier, aura, du moins en Bretagne, presque fait oublier que celui-ci s’inscrit dans une loi plus large. La loi dite de «référendum d’initiative partagée» . Cette proposition de loi s’inscrit notamment comme une réponse du gouvernement à l’initiative populaire de l’automne 2009 sur la votation citoyenne contre la privatisation de la Poste, où deux millions de personnes s’étaient exprimées …. Le projet de loi actuelle exige lui près de 4,5 millions de signatures pour saisir l’assemblée et proposer un référendum. D’où le refus du groupe du PCF ( »Gauche Démocrate et Républicaine ») de voter la loi mardi dernier

Tout ne se joue pas en Loire-Atlantique contrairement à ce que titrait Ouest-France dimanche dernier. D’une part, car l’amendement nécessite l’accord de la «région d’accueil», la Bretagne administrative, par référendum. Mais aussi car le Conseil d’Etat reste décisionnaire d’une modification effective des limites territoriales, et que cet amendement ne peut se soustraire du contexte de la loi et du contexte électoral hexagonal.

Mardi dernier, les députés PS Lebranchu et Urvoas, ayant voté en faveur de l’amendement en première lecture se sont abstenus, suivant les consignes de Jean-Marc Ayrault président du groupe PS à l’assemblée. De même, Ronan Dantec, sénateur EELV fraîchement élu sur une liste commune avec le PS, ancien président du CUAB, a déclaré samedi dernier lors du débat organisé par 44=Breizh à Saint-Herblain, qu’il suivrait les consignes du PS et voterait contre la loi qui passera devant le Sénat. La loi étant selon lui « mauvaise », il se conformait ainsi à ce qu’il pensait être la position du groupe PS. Ce matin, il annonce dans Ouest-France qu’il votera la loi et donc l’amendement. Ce qui a changé ? Ce qu’il croyait être la position du PS, qui plutôt que de voter contre s’est abstenu. Si peu de constance dans des prises de positions, en seulement quelques jours, témoigne de ce contexte électoral tendu et qui lui s’éloigne des enjeux démocratiques.

Cet amendement, s’il a le mérite de poser le débat en terme démocratique, ne sera sans doute pas celui qui permettra l’unité administrative de la Bretagne.

Philippe Grosvalet, nouveau président du Conseil Régional, déclarait hier que ce qui l’importait avant de parler de réunification était «d’avoir des régions fortes». Nul doute, que ses déclaration constituent avant tout une manière de botter en touche sur le débat actuel. Néanmoins c’est un poids essentiel du débat, que faire d’une Bretagne réunifiée sans nouvelles compétences institutionnelles comme un parlement ? Comment ne pas éviter un débat sur une collectivité unique ?

On aurait pu imaginer que cette proposition de référendum d’initiative partagée s’adresse aux collectivités et à la population en élargissant le simple champs d’une modification des limites territoriales. Dans ce cas là la question est bien celle du droit à l’autodétermination, d’une «région forte» certes, mais surtout réellement démocratique.

Il faut se défier des manœuvres et du jeu électoral entre PS et UMP. C’est à la société civile et aux élus des collectivités réellement engagés en faveur de la démocratie en Bretagne, d’imposer le débat sur l’unité territoriale comme partie intégrante du droit du peuple breton à se déterminer sur son avenir institutionnel, économique, social et environnemental. C’est un des moyens de sortir de la dépendance aux enjeux de pouvoir entre PS et UMP.

Site: Corsica Infurmazione

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Lou FN feûs di nôs véllas!

Sochaux : Visite de Marine Le Pen

La présidente du Front National vient à la rencontre des ouvriers de Peugeot.

Aujourd’hui, elle sera devant la porte des usines à la mi-journée. Marine Le Pen n’a pas choisi ce jour-là par hasard : à Paris, Nicolas Sarkozy reçoit les représentants syndicaux pour un « sommet social » rebaptisé « sommet de crise ».

La candidate à l’élection présidentielle, veut rencontrer des ouvriers du site et s’opposer à la TVA sociale.

Dans un tract, la CGT de Peugeot Sochaux « réfute tout soutien de la part d’un parti politique d’extrême-droite qui s’est toujours opposé aux actions des salariés pour défendre leurs droits, et qui tente en permanence de semer le poison de la division… Les salariés ne doivent pas se laisser abuser par un discours électoraliste qui prétend aujourd’hui les défendre…. Pour la CGT, les partis d’extrême-droite ne sont pas des partis comme les autres que les salariés pourraient essayer, comme ça, pour voir…

La CGT appelle les salariés à ne pas se tromper de colère. »

En Franche-Comté, le Front National ne compte des élus que dans une seule assemblée : le conseil régional. Aux dernières élections régionales, 4 de ses membres ont été élus. Le FN a eu jusqu’à 9 représentants au conseil régional, c’était en 1998.

France3.fr

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Manefêstâjions en Hongarye

Entretien avec Gaspard M. Tamas, chercheur à l’Institut de philosophie de l’Académie hongroise des Sciences, sur la contestation du pouvoir d’Orban et l’état de la gauche en Hongrie.

Les Hongrois manifestent. La gauche hongroise réussit-elle à mobiliser et est-elle en train de fédérer ?

Gaspard M. Tamas : Cela dépend comment on définit la gauche. La gauche officielle, c’est-à-dire le PS, joue une part assez modeste dans toute cette mobilisation. Les moteurs, ce sont les forces nouvelles de la société civile : le mouvement Solidarité, celui pour la 4ème république, ceux pour la liberté de la presse… Les partis parlementaires, socialistes et verts y participent mais suivent plutôt. Pour preuve, dans les manifestations, seuls des représentants de la société civile ont pu parler. Pas un seul homme politique n’a été autorisé à faire une déclaration. Il y a une très grande antipathie envers la politique traditionnelle parlementaire, à cause de l’inefficacité de l’opposition parlementaire et aussi car les gouvernements socialistes ont eux aussi mené par le passé la même politique néolibérale.

De nouvelles forces sont-elles en train d’émerger ?

Elles ont déjà émergé et sont présentes dans la rue. Et comme je l’ai dit le 22 décembre lors d’une manifestation devant la radio, la république est dans la rue. On ne peut pas la trouver au parlement, dans les tribunaux, les institutions d’Etat, les Conseils municipaux mais dans la rue, avec les masses qui protestent. C’est vraiment de la résistance, et non la cristallisation de notre pôle politique. Il y a ceux qui protestent contre la nouvelle dictature de M. Orban, qui sont pour la plupart des gens de gauche, mais pas seulement : il y a des libéraux aussi, des communistes… tous ceux qui ne sont ni fascistes ni conservateurs. C’est pourquoi les mouvements sont politiquement vagues. Ce n’est pas une lutte électorale. Il s’agit du rétablissement de l’Etat de droit et de la liberté d’expression. Car en ce qui concerne l’économie et le système social, il y a des grandes divergences entre les manifestants.

Mais face à la violence des attaques de cette nouvelle Constitution, ne faudrait-il pas plus de personnes dans la rue ?

Ce qui se passe est sans précédent en Hongrie, c’est la plus grande manifestation depuis 1989. La Hongrie est une société passive, Budapest n’est ni Madrid, ni Tunis. En Europe de l’Est la désillusion et la déception causées par l’échec du tournant démocratique de 1989 a dépolitisé les gens. C’est pourquoi je considère ces manifestations comme un grand tournant pour ce pays.

La Hongrie vit parallèlement une crise financière, économique, sociale très grave. Si le FMI ne verse pas sa prochaine aide, que se passera-t-il ? Une crise politique ?

Ce sera la banqueroute si le FMI ne verse pas son aide. Et il pourrait bien sûr y avoir une crise politique, le pays est sur la défensive. Maintenant, mobiliser pour un programme de gauche contre la politique néolibérale est un peu difficile car nous sommes au bord du précipice. Il n’y a pas beaucoup de marge de manœuvres.

Vous qui protestez en Hongrie, qu’attendez-vous des Européens quant à la politique de M. Orban ?

C’est à la société hongroise de trouver des solutions. Que des institutions internationales ou étrangères imposent des mesures est aussi anti-démocratique que la politique du gouvernement hongrois. Nous ne sommes pas une colonie. On ne peut pas dire à un pays quelconque : si vous ne faites pas ce qu’on dit, vous n’aurez pas d’argent. Or, c’est ce qui se passe. Je trouve donc la situation à désespérer. Je n’ai aucune sympathie pour la politique de M. Barroso. Ou celle du FMI. Encore moins pour celle de M. Orban.

En 2011, des pays arabes ont renversé les pouvoirs en place. En Espagne et en Grèce, les Indignés se sont mobilisés. Pensez-vous que 2012 sera l’année de la Hongrie ?

C’est possible : les passions sont là, l’amertume est là, la déception est là. Et aussi la volonté politique de ceux qui n’étaient pas politisés avant, surtout les jeunes. Les nouvelles technologies aident ces mouvements : la résistance s’organise via internet.

L’Humanité.fr

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Qu’àt-ce que lai nâtçhion?

Qu’est-ce que la nation?

Ça y est, c’est fait, la question est posée, on a sorti la patate brûlante, la vieille chose embarrassante qu’on croyait exilée à jamais dans une malle au fond du grenier. Regardez, la moitié de l’assistance vient déjà de quitter la pièce. Elle crache, grogne et jure sur le pas de la porte. La nation, on vous l’a déjà dit, c’est le nationalisme, c’est la guerre, c’est l’horreur du racisme, du chauvinisme et des bottes cirées, allez hop tous sous le drapeau, attention, saluez! Chargez les fusils! Feu! Mort aux autres et vive chez nous!

Ah ça, on les entends, les cracheurs, les vociférateurs de bonnes paroles, les catéchumènes de l’anti-racisme primaire. Tellement qu’on se sent un peu bêtes, on a l’impression d’avoir dit une sottise, et finalement on culpabilise, on a honte de nos idées si réactionnaires, car jugées comme telles avant même qu’on aie pu les exposer clairement. Nation, peuple, souveraineté? Ces mots, on y avait pensé sans aprioris, tous seuls, sans l’aide de personne. Et puis, on regarde sa télé, on voit les fascistes plus ou moins déguisés, de l’UMP, du FN et de tous les tarés qui sont à leur droite, qui les tendent à bouts de bras dépliés en saluts nazis, et là on se dit, mince, les copains ont peut-être raison, ces idées sont celles des salauds! Mais c’est dommage, parce qu’un coup d’œil dans un bouquin d’histoire, un autre dans le dictionnaire, ça permettrait d’élever le débat.

Prenez un de ces cracheurs qui est resté devant la porte et vous traite de libertaire au rabais. Parlez-lui des sans-culottes de 1792 qui, a Valmy, ont collé une raclée aux coalisés monarchiens aux cris de « Vive la Nation! » – et après, quand Louis Capet a perdu la tête. Il rigolera. Ensuite, abordez le sujet de la Commune de Paris- ceux qui refusaient la paix et rêvaient de casser la gueule à Bismarck-, ou encore de l’indépendantisme anarchiste ukrainien de Makhno. Là, il vous balbutiera une réponse peu enjouante et commencera à chercher des yeux la sortie. Terminez par le Front Sandiniste de Libération Nationale, de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, de la Confédération Nationale du Travail… Normalement, il devrait déjà s’enfuir en courant. La peur de tant de crypto-nationalisme, sans doute…

Pour savoir si la nation peut être une chose libertaire, ou si elle n’est condamnée qu’à être une doctrine de nazillons, il faut saisir son sens et son essence. Lorsque les racistes parlent de nation, ils parlent de races, de dates historiques, de drapeaux, d’armées, ils parlent de soldats, d’envahisseurs, de rois et de guerriers, ils parlent de la moustache de Vércingétorix, de la barbe de Cortès fouettant les indigènes des Amériques, et des bottes cirées de Salan et Jouhaud gueulant « Vive de Gaulle! » puis « A bas de Gaulle! » à cause d’une bonne blague faite aux algériens un siècle plus tôt.

Le nationaliste voit la nation comme quelque chose de non-humain, de déifié, de supérieur à la condition humaine. La nation est un tout organique, une entité vivante, qu’on peut personnifier sous les traits d’un humain, mais qui est au-dessus de l’existence de l’individu – on reprend le mythe religieux de la Terre-Mère. Comme tout organisme, elle est composée de cellules et d’ensembles de cellules; dans de nombreuses doctrines fascistes, la cellule fondamentale de la nation est la famille (blanche et hétérosexuelle, bien sûr), groupe humain très structuré et reproduisant dans le cercle privé les principes d’une société fasciste dans le cercle public (autorité paternelle indiscutable, goût de la hiérarchie, dévouement et amour absolus entre tous les membres…). L’individu, lui, n’existe pas en dehors des structures de la société. Si l’on veut donner une image exacte de cette idéologie, on peut imaginer que la nation entière est un corps humain; la province devient un bras, ou une jambe -on parlera d’ailleurs de « démembrement » lors de l’annexion en 1871 de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne; la famille devient un des doigts, tandis que l’individu est relégué au rang de la rognure d’ongle.

De plus, justification du pouvoir autoritaire, il est tenu pour évident que, tout comme un organisme a besoin de se protéger et de combattre les maladies venues de l’extérieur, la nation a elle aussi besoin d’être saine et sûre. Le corps doit d’abord être soigné des maladies qui le rongent de l’intérieur (communisme, séparatisme, démocratie, étrangers et capitalisme apatride); une fois le corps sain et purifié, il est temps de le protéger contre les agressions extérieurs, quitte à prendre l’initiative de la lutte contre le mal (« les salauds d’en face ont des armes de destruction massive, allons leur casser la gueule! »). Même les rôles sociaux sont vus de manière organique: l’État, avec à sa tête le Chef, est vu comme le « cerveau » du corps national, l’armée devient des « anticorps » qui luttent contre les agressions internes et externes, les travailleurs deviennent les « bras »…

En résumé, on peut dire que le nationalisme est fondé sur une vision organiste de la société: les individus, seuls, ne sont rien; leur force réside dans l’union et la coopération des classes, tout le monde oubliant ses différents et ses « ambitions personnelles égoïstes » au nom du but suprême de la Nation, la Mère-Patrie maternelle et nourricière. C’est cette vision, fondée sur la perception de l’autre comme un « corps étranger » ennemi et de l’ethnie comme le « corps originel pur », qui a toujours été et est prêchée par la droite et ses copains extrémistes. C’est cela qu’on appelle « nationalisme ».

La nation « civique » n’a rien à voir avec la corruption racialiste. Ce ne sont pas des questions de couleur de peau, de langue ou de religion qui ont poussé les Communards de 1871 sur les barricades. Ici, la vision de la nation est humaine et individualiste. Elle considère ceci: la nation n’est pas extérieure à l’humain, tandis que l’humain peut être extérieur à la nation. Elle est un lien entre différents individus, elle est un environnement, elle est d’abord une conception.

Lorsque des individus sont liés par quelque chose, cela donne lieu à un état de solidarité et de cohésion, ce qui fait que même de parfaits inconnus sont convaincus qu’ils ont quelque chose en commun, et, se sentant tous deux en symbiose dans leur environnement humain et social, ils peuvent coexister en ayant le sentiment qu’une force les unit- c’est ce qu’on appelle le « sentiment national ». Ce « quelque chose » dont nous parlons, ce peut être la langue, l’histoire, les traditions (ce qu’on appelle l’identité nationale), mais c’est d’abord, et surtout, un attachement à son environnement humain, sa ville, son quartier, son pays…

Pendant la Commune de Paris, le conseil de la commune autorise les naturalisations d’étrangers en déclarant que « toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent« . Comme le résume cette phrase , le patriotisme civique se prétend fondé sur, d’une part, une volonté commune d’unir les destins individuels dans un destin collectif et, d’autre part, un engagement et un investissement individuels vis-à-vis de son environnement. Le « patriote » serait alors celui qui, conscient et heureux de faire partie, en l’ayant choisi, d’un groupe social et humain (le « peuple »), décide de s’impliquer dans la vie et le destin de ce groupe. Concrètement, ça donnerai quelque chose comme: « Nous autres, les Grecs, nous sommes vraiment exploités par le Président, ses ministres et la BCE…eh bien! puisque c’est ça, je vais devenir anarchiste et tous leur peter la gueule! »

Lorsqu’on parle de « nation », le fasciste répond « Vive la patrie peinte en bleu-blanc-rouge, Montjoy-St Denis! », tandis que le libertaire dit  » Vive la classe ouvriére et crève la bourgeoisie! ». Quand on parle de « Français », le premier va dire « blond aux yeux bleus », et le deuxiéme « qui ça, Mohammed mon voisin de palier, ou Yves mon collégue de travail? ». Et si on parle de « souveraineté », l’un beuglera « Non au vote des étrangers » et l’autre « Merde à l’Union européenne, c’est nous qui décidons! ».

Le nationalisme veut créer une société pure ethniquement, socialement et politiquement, un corps parfait, non métissé, et efficient. Le patriotisme cherche à impliquer les citoyens, quelle que soit leur origine, dans le maintien de l’harmonie et du vivre-ensemble. Il y a entre les deux un fossé infranchissable, que même les néo-nazis déguisés en révolutionnaires anti-racistes ne pourront combler.

Alors oui, messieurs les cracheurs, les grogneurs, les jureurs, vous pouvez revenir, car la nation est bien une chose potentiellement libertaire. Cela se peut car notre patriotisme à nous assimile la nation au peuple, et le peuple à l’individu. Revendiquer son existence, ce n’est pas faire bloc contre l’autre: c’est se construire à ses côtés, en le respectant et en se faisant respecter.

Nous ne voulons pas prétendre que se revendiquer « patriote » est mieux que de se revendiquer « apatride »: l’appartenance ou non à la nation est une chose personnelle que nul ne peut juger. Mais nous voulons clarifier les choses: on peut penser national et international. On peut revendiquer la souveraineté politique pour un pays, en même temps qu’on revendique l’union de tous les peuples. La justesse du système fédéraliste libertaire tient en partie dans le fait qu’on peut être « maître chez soi » (au sens politique du terme) et décider en communauté. La liberté est la garantie de l’égalité et du respect de la voix de chacun.

J., pour Franche Comté Libertaire

 

 

 

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Novèles di lai Grétçha révirationâre

« Pendaison pour les traîtres à la Grèce » : le slogan défendu par les manifestants devant l’Assemblée Nationale à Athènes montre bien que les tensions sociales sont loin d’être taries. D’autant plus que les interventions systématiques de la police, parfois violentes, ne font qu’attiser la colère de la rue. A en croire le blogueur Panagiotis Grigoriou, ce n’est qu’un fragile équilibre qui sera réduit à néant le jour où les forces de l’ordre rejoindront le rang des indignés.

La grande histoire ne gardera peut être pas une seule trace de ce dimanche soir. Pourtant, place de la Constitution, les indignés étaient de retour, mais cette première (?) salve devant le palais d’hiver de la Papadémocratie avait plutôt l’air d’une audition, au mieux d’une petite répétition dans le théâtre du futur. Deux mille personnes, guère davantage.

Seulement, l’hologramme de notre lame de fond de l’écœurement était bien visible. On inventait également un peu de la nouvelle économie. Un bazar d’échange de livres, une femme offrant des sucreries «parce que la lutte en hiver c’est autre chose», les motards indignés, et même ce monsieur, habitué de Syntagma et sa pancarte annonçant un cancer au cerveau. On vendait aussi des cacahuètes et on achetait de l’espoir sous les 5°C.
Athènes n’aime ni le froid, ni la Troïka.

Au centre de la place, un slogan provoque à la fois réflexion et scepticisme : « Bonne année 2012 et la liberté avec ? ». Une dame s’attarde devant, fredonnant une chanson connue de tous, sur le courage. Son regard était fatigué mais encore plein d’espoir.
Devant l’Assemblée anti-Nationale et anti-sociale, le slogan principal était lapidaire: « Pendaison pour les traîtres de la Grèce ». Au cœur de la place, des gens se retrouvent depuis l’été dans l’émotion, d’autres, sont déjà acteurs connus au sein des comités de quartiers. Ces gens sont déterminés et surtout, bien engagés : on établit déjà un premier bilan du passé tout en préparant l’avenir. Notre chien humaniste, Loukanikos, n’a pas manqué à l’appel et sa présence fut appréciée par tout le monde.

Sauf par les forces œuvrant pour les occupants. La police a violemment délogé les indignés vers 19h. Une femme de soixante ans a hurlé : «Que voulez-vous, je suis au chômage … tuez-nous alors…». Papoutsis, ministre de l’Intérieur au cercle de la social-démocratie disparue, et ancien Commissaire à Bruxelles, a une fois de plus, ordonné la répression démesurée.
Le but étant de terroriser les citoyens, de leur interdire la place Syntagma, après leur avoir supprimé le dernier strapontin dans l’espoir. Seulement, les gens sont tous partis très déterminées, faisant la promesse d’y revenir. Sauf un, blessé, il a été évacué vers l’hôpital.

Notre dictature protozoaire ne supporte alors plus, le moindre rassemblement populaire. Depuis quelques jours, le P.S. et les autres Papadémons examinent avec intérêt, la proposition de Dora Bakoyanni, chef d’une petite formation de droite ayant fait scission avec la principale droitière de service, le parti de la Nouvelle Démocratie de Samaras.

Elle fait partie de ceux … parlementeurs familliocrates, son père Kostas Mitsotakis, fut Premier ministre dans le passé. Seulement le peuple n’a pas l’air d’apprécier les initiatives de Dora Bakoyanni. Samedi soir, elle était en train de dîner dans un restaurant chic de la ville d’Héraclion en Crète, lorsqu’elle a été repérée par des indignés, lesquels ont  brisé la vitre de l’établissement, lui adressant aussitôt yaourts et cailloux. Le restaurant s’appelle Lucullus; mais le repas du coup … l’était bien moins.

En attendant les hauts dignitaires Troïkans à Athènes cette semaine, les dents grincent.
« Ils veulent nous faire peur mais comme nous sommes entrés dans la troisième guerre mondiale et économique, nous reviendrons et nous allons frapper le moment venu », m’a dit un jeune manifestant. Chez les policiers également, il y a de la grogne mais elle reste contenue. Ce n’est pas facile de taper sur son cousin chômeur pour gagner 700 euros net par mois.

En plus, la Police livre une bataille terrible contre une criminalité qui explose depuis un an. Les retraités de l’Armée, ont créé de leur coté, « deux mouvements de résistance et de renouveau politique », selon leurs propres termes. Les bancocrates quant à eux, nous préparent la nouvelle répression, faisant appel à une sorte d’Euro-corps et à l’OTAN. Parait-il, la principale raison du limogeage des trois chefs d’État-major à l’automne dernier, deux jours avant la démission de Papandréou, tenait du refus de la part des militaires, d’utiliser l’armée pour mater une probable révolte populaire et non pas, le prétendu risque d’un putsch des généraux, comme Papandréou avait suggéré aux Merkoziens durant le sommet à Cannes.

De toute façon il n’y a pas photo. Le jour où les forces de l’ordre vont quitter le côté obscur de la force, les carottes seront alors bien cuites et … les choux de Bruxelles réduits en purée.
On se le disait entre indignés ce soir place de la Constitution, rêvant même d’une nouvelle constituante. Les écoutant, je ne savais pas quoi imaginer. On prend parfois ses rêves pour la réalité certes, mais les rêves des uns, font le cauchemar des autres, c’est bien connu aussi. Surtout sous les dictatures.

Panagiotis Grigoriou, sur Marianne2.fr

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Défendans lai câse ainimâ

CONTRE l’implantation d’un élevage de visons sur la commune de Moncley

POUR la fermeture de l’élevage existant sur la commune d’Emagny

Manifestation le samedi 21 janvier 2012 à 12h à Emagny

Vu sur le site de la CNT 25. Bés l’éçhpoutâjiôn ainimâ!

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