François Hollande…

…a été élu président de la République! Sarkozy a été dégagé!

On s’en fout.

Merci aux 20 pour-cents d’abstentionnistes, à ceux (et celles) qui ont dédaigné les appels à battre la droite, à ceux qui ont inscrit ‘Créve charogne’ sur leur bulletin de vote, qui ont vandalisé les permanences des partis politiques, giflé les petits merdeux des Jeunesses populaires, hué le président à sa sortie de l’Elysée…

Merci à celles et ceux qui ont une fois de plus craché au visage commercial de la République. Vous avez su préserver quelques moments de santé mentale au milieu de ce triste cirque.

A la santé de l’enfoiré que tout le monde détéstera dans un an!

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Primie mei yibretâre

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Draipès enfayés é lai besossouje

Drapeaux flambés à la bisontine

Besançon : interpellation pour outrage au drapeau Le drapeau tricolore a été brûlé

Les faits se sont déroulés dimanche soir, juste après le premier tour de l’élection présidentielle, dans la Grande Rue, à Besançon, peu avant minuit.

Un groupe de militants UMP, qui sortaient du local de leur parti, Place Victor Hugo, a été bousculé par 3 jeunes, âgés de 21 à 24 ans.

Ensuite, les jeunes ont volé un drapeau tricolore tenu par l’un des militants et l’ont brûlé.

Les auteurs des faits ont été rapidement interpellés par les policiers. Ils ont été placés en garde à vue. Les Jeunes Populaires ont porté plainte.

Selon la police, cet acte serait connoté politiquement, plus exactement ”de la mouvance anarchiste”.

Ils comparaîtront pour outrage au drapeau le 3 septembre prochain. Ils risquent une amende de 1500 euros.

Leur presse (Fr3 Franche-Comté, 25 avril 2012)

 

Agression et drapeau incendié : les jeunes UMP portent plainte

Le responsable des jeunes UMP du Doubs annonce avoir porté plainte à la suite de l’agression de militants sarkozystes par trois individus dimanche soir dans la rue.

« Dimanche soir, après les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle, les jeunes populaires du Doubs se sont retrouvés pour fêter le bon résultat de Nicolas Sarkozy obtenu dans notre département. Alors que les jeunes UMP étaient dans le centre-ville de Besançon pour rejoindre la permanence départementale de Nicolas Sarkozy, trois individus ont lâchement agressé ces jeunes militants de l’UMP en les insultant. Et pire ils ont sauvagement volé le drapeau Français qui était dans les mains d’un des jeunes sarkozystes puis ils ont mis le feu à ce symbole de la République qui est le drapeau tricolore », explique Baptiste Serena qui a porté plainte pour outrage au drapeau, atteinte aux valeurs de la République et agression.

Les trois personnes ont été interpellées par la police et seront prochainement présentées devant la justice.

Le Jura Libertaire

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Montreal: trâbyas contye lou Plan Nord

Montréal, Canada : Émeute contre le Plan Nord

Une manifestation contre le projet néocolonial du Plan Nord, qui vise à exploiter au maximum le sous-sol du Nord québécois au profit des compagnies minières, s’est transformée en bataille rangée entre insurgé-e-s et police antiémeute, d’une intensité et d’une durée rarement vue à Montréal.

Regroupant environ 2000 personnes dont des militant-e-s autochtones, écologistes, des étudiant-e-s en grève, des anarchistes et des syndicalistes, la manifestation a fortement perturbé le Salon de l’emploi du Plan Nord, qui se tenait au Palais des congrès de Montréal ce vendredi (20 avril). Vers 12h30, un groupe de manifestant-e-s a d’abord réussi à s’introduire à l’intérieur de l’immense bâtiment, pourtant lourdement gardé par la police anti-émeute.

Repoussés violemment à coups de matraque et de balles de caoutchouc (flashball), ils et elles ont alors retrouvé leurs camarades à l’extérieur. Face à la violence de la police, qui n’hésitait pas à tirer des bombes lacrymogènes à bout portant et lançait des grenades « flashbang » à profusion, ce qui n’était alors qu’une manifestation somme toute banale s’est transformée en un moment insurrectionnel qui a duré tout l’après-midi.

La foule enragée s’est mise à son tour à charger les flics, leur lançant des pierres, des balles de peinture et tout autre objet qui leur tombait sous la main. Malgré de nombreuses charges policières, les gens se regroupaient sans cesse et arrivaient souvent à prendre les flics à revers, les obligeant à se replier. Complètement débordée, la police de Montréal a dû faire appel à des renforts de la police provinciale (Sûreté du Québec).

Des barricades ont été érigées à plusieurs intersections, les vitrines du Palais des congrès, du Centre de commerce mondial, de Québécor (empire médiatique québécois), ainsi que celles de quelques banques ont été fracassées et une borne-fontaine a été ouverte sur les flics. La foule exaltée, sur laquelle flottait des drapeaux noirs et verts, scandait « le Capital nous fait la guerre, guerre au Capital ! ».

Pendant ce temps, à l’intérieur du Palais, le premier ministre du Québec faisait rigoler ses amis bourgeois, investisseurs et autres parasites en déclarant, avec une ironie fascisante, qu’il voulait offrir aux révolté-e-s qui se battaient dehors avec les flics, « un emploi, dans le Nord autant que possible », allusion qui n’est pas sans rappeler les camps de travail du Goulag soviétique.

Non au Plan Mort ! Solidarité avec les peuples autochtones et avec les insurgé-e-s de partout !

Contra Info

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Nâni âs envirnous di keurbounâvies!

Non aux forages d’hydrocarbures!

À Saint-Claude, le 18 avril 2012,

Madame, Monsieur,

Nous sommes des citoyens regroupés en collectif contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de roche mère (gaz et huile de schiste).

Ce collectif Haut-Jura s’est constitué le 8 décembre 2011 à Saint-Claude suite à une réunion d’information publique ayant eu lieu aux Moussières le 18 novembre 2011 en présence d’environ 140 personnes.

Par ce courrier, nous souhaitons attirer votre attention sur un problème qui concerne votre secteur d’activité par l’impact de ces méthodes de forage sur la qualité de l’eau, de l’air et des sols.

Vous n’êtes pas sans savoir que des permis d’exploration des gaz et huile de schiste ont été délivrés par le gouvernement à des sociétés pétrolières françaises et étrangères.

Contrairement à ce qu’une information pourrait vous faire croire, la menace de ces permis sur nos territoires reste entière. En effet, la loi du 13 juillet 2011 n’interdit pas la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et huile de schiste), mais interdit seulement temporairement la technique de la fracturation hydraulique. Il suffit donc aux Compagnies d’indiquer, afin de se conformer au texte de loi, qu’elles renoncent à ce procédé pour continuer leur prospection.

D’autre part, la récente décision d’abrogation des permis en Aveyron, Ardèche et Drôme, qui a fait grand bruit, ne concerne que trois sites.  61 autres permis d’exploration sont toujours en vigueur.

Votre commune se situe dans le périmètre du permis des Moussières.

Quatre permis concernent l’ensemble du territoire du Jura :

– « Permis des Moussières » accordé à Celtique Énergie Petroleum Limited le 4 mars 2008, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 3269 km² ;

– « Permis de Lons-le-Saunier », accordé à European Gas Limited le 2 juillet 2007, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 3795 km² ;

– « Permis de Gex », accordé aux societés Egdon resources et Nautical Petroleum le 28 mai 2009, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 932 km² ;

– « Permis de Pontarlier », accordé à Celtique Énergie Petroleum Limited le 20 août 2010, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 1470 km².

Vous n’avez été ni informé, ni consulté dans le processus d’obtention de ce permis. Et pourtant ces forages auront des conséquences irréversibles sur votre secteur d’activité.

Rappelons que la technique de fracturation nécessite d’importantes quantités d’eau additionnées d’adjuvants toxiques qui polluent directement les nappes phréatiques et les cours d’eau souterrains et aucune station d’épuration n’est en capacité de dépolluer l’eau issue de ces forages. D’autre part, il est prouvé que les produits toxiques qui remontent avec le gaz dans l’atmosphère, ont un impact sur la santé des individus.

Il est étonnant que le principe de précaution pourtant inscrit dans la loi depuis 1995 et figurant dans la Constitution et la Charte de l’environnement de 2005 (Article 5) ne soit pas pris en compte : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leur domaine d’attribution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

C’est ainsi que le Parc naturel régional du Haut-Jura a voté à l’unanimité, lors du Comité syndical du 17 mars 2012, une motion contre les forages d’exploration ou d’extraction de gaz de schiste et d’hydrocarbures liquides ou gazeux sur son territoire qu’ils soient conventionnels ou non. Le Parc demande aussi aux préfets des régions Rhône-Alpes et Franche Comté l’abrogation des trois permis accordés sur le Haut-Jura en application du principe de précaution, tout comme les communautés de commune du Pays de Gex et de Monts d’Or Deux Lacs. Une large campagne de sensibilisation auprès des élus a débuté dans le but qu’un maximum de collectivités se positionnent officiellement sur cette question.

En ce qui concerne le permis des Moussières, nous vous alertons sur le fait qu’il est valable jusqu’au 14 mars 2013 et que la compagnie Celtique Énergie risque de débuter ses activités dans les prochains mois. D’autre part nous vous signalons, que jusqu’au 1er juin 2012, tout travaux d’exploration peut commencer sans aucune étude d’impact ni enquête publique.

Afin d’informer la population et d’ouvrir un débat public qui n’a pas eu lieu, le Collectif a décidé d’organiser des réunions d’information sur l’ensemble du Haut-Jura ; réunions auxquelles nous vous convions.

Voici les réunions publiques programmées avec la participation de Guy FAURE, hydrogéologue :

Le Vendredi 30 mars 2012 à MOIRANS, à 20h30, dans les locaux de la Communauté de communes Jura-sud, en partenariat avec le CPIE et la Communauté de communes Jura-sud (80 pers.) ;

Le Jeudi 5 avril 2012 à SAINT-CLAUDE, à 20h30, salle Bavoux Lançon , dans le cadre de la semaine du Développement durable organisé par la ville de Saint-Claude (120 pers.) ;

Le Jeudi 26 avril à SAINT-LAURENT, à 20h30, salle communale, organisé en partenariat avec la ville de Saint-Laurent.

En plus de ces réunions publiques le Collectif sera présent lors d’évènements comme la Tournée du colibri, 6 dates dans le Haut-Jura, proposé par le Parc et ses partenaires. Les trois premières auront lieu le 6 avril à Saint Claude, le 15 juin à Moirans Montagne et le 22 juin à Saint-Laurent en Grandvaux (détails sur www.pcehautjura.org).

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ce sujet, nous vous prions d’agréer nos salutations les plus respectueuses et restons à votre disposition pour de plus amples informations.

Le Collectif « Non aux forages d’hydrocarbures » Haut-Jura

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L’Espanye boudge! #2

L’Espagne veut suspendre provisoirement Schengen, par peur des émeutiers

L’Espagne rétablira les contrôles à sa frontière avec la France et dans les aéroports pour éviter l’entrée de groupes violents lors d’une réunion de la Banque centrale européenne (BCE) à Barcelone le 3 mai, a indiqué lundi une responsable du ministère de l’Intérieur.

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« L’accord de Schengen sera suspendu entre le 24 avril et le 4 mai », a expliqué une responsable du ministère de l’Intérieur sous couvert d’anonymat, le ministère cherchant à empêcher d’éventuels « altercations » et « actes de violence ».

« Les forces de sécurité ont détecté la possibilité que des organisations anti-système arrivent pour cette réunion », a précisé la même source, indiquant qu’elles « pourraient venir de Grèce ou d’Italie ». L’Espagne rétablira donc des contrôles plus stricts « dans les aéroports de Catalogne et sur la frontière » avec la France, a-t-elle ajouté.

6000 agents déployés

Environ 2000 agents de police et de la Garde civile pourraient venir renforcer les effectifs de la police régionale catalane, a-t-on ajouté au ministère. La police catalane refuse pour l’instant de chiffrer le dispositif spécial prévu à cette occasion.

En tout, les médias espagnols estiment qu’environ 6000 agents seront déployés dans la région. Des incidents violents ont marqué la dernière grève générale du 29 mars à Barcelone, deuxième ville du pays, la police ayant affronté des manifestants avec des balles en caoutchouc.

Après ces heurts, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a annoncé qu’il travaillait à une réforme controversée du code pénal, qui durcira les peines encourues par les casseurs mais aussi par les organisateurs de manifestations qui dégénèrent.

AFP, repris sur le Jura Libertaire

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L’Espanye boudge!

L’Espagne bouge!

« Les syndicats nous vendent, les politiques nous entubent, le patronat et les grandes entreprises nous exploitent … Jusqu’à quand allons-nous rester les bras croisés ?

Combien de fois tu as senti que quelque chose manque dans cet engrenage social ?

La situation est critique, c’est le cas de le dire. Avec le prétexte de la crise, on nous impose toute une série de mesures sociales et économiques qui consistent à faire payer au peuple les conséquences des excès de ceux qui précisément vivent sur le dos de sa misère. Nos conditions de vie se dégradent de jour en jour afin que quatre politicards et syndicalistes de merde puissent se prélasser sur leur yacht et manger du caviar. En même temps, avec les profits obtenus grâce à ces politiques de marché libre mondialisé, de grandes entreprises continuent de dévaster l’environnement, en multipliant leur bénéfice grâce à la spéculation et en colonisant des pays sous-développés au travers des transnationales.

Petit à petit les libertés les plus fondamentales disparaissent et, pour semer le trouble devant de possibles explosions sociales, la répression construit une société carcérale qui ressemble de jour en jour à la vision cauchemardesque d’Orwell. La presse impose le silence en manipulant la réalité et chaque aspect de la vie quotidienne qui n’enferme pas dans les logiques de l’idéologie dominante est criminalisé. La police est chaque fois plus violente et la rhétorique insultante par laquelle la classe politique se dirige à « son peuple » est chaque jour plus méprisante.

Des spécialistes de la technocratie entonnent d’éloquents discours de retenu qui, derrière des euphémismes et des larmes de crocodile, cachent juste des excuses pour justifier leur coupe et abus au nom des oligarchies financières qu’ils servent. Sourire et bonne figure tous les 4 ans ( lorsque ça les arrange) et ensuite «  si je t’ai vu je ne m’en souviens pas ».

Nous le comprenons maintenant. Tout n’était que mensonge.

Mais on ne va pas se moquer de nous. Leur lois, conçues pour protéger le statut-quo des puissants de toute potentielle réaction, qui apparaît comme résultat de leurs abus ou de l’inégalité imposée par leur modèle social suicidaire, nous donnent la nausée. Il y en a assez des ces petits jeux stupides et de faire comme si il ne se passait rien. Nous en avons marre et on ne veut plus gagner la partie, nous allons détruire l’échiquier pour ne plus être des pions dans les griffes d’assassins, de voleurs et exploiteurs, et pour construire de nouvelles relations et développer des outils qui nous permettent de gérer nos vies par nous-même.

Quoi pourquoi ? Tu as vraiment besoin d’autres raisons ? Parce que nous savons que ce monde n’a pas de futur, parce que nous savons que de bon gré nous n’obtiendrons pas grand chose ( et ça ne sera pas faute de ne pas avoir essayé, vous pouvez nous croire), parce que devoir supporter continuellement les agressions du pouvoir sans nous défendre ne nous paraît pas une attitude raisonnable, et surtout, parce que nous détestons profondément ce monde d’injustice et nous voulons en finir avec lui une fois pour toute.

Notre seul espoir c’est de perdre la peur et de nous organiser de façon horizontale, avec des assemblées et l’action directe, dans tous les domaines de notre vie, pour peu à peu récupérer le contrôle sur nos vies et en même temps être incontrôlables, ingouvernables.

Prends-toi en main et lutte ! Vers une grève sauvage, générale et révolutionnaire ! « 

 

Des anarchistes pour la propagation de la révolte – Édité dans un endroit de l’état espagnol – printemps chaud de 2012.

Contra Info

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Lou çirche éyectorâ est di revô!

Le cirque éléctoral est de retour!

Ah, ça nous manquait, mais enfin, il est là! Après des semaines -que dis-je? Des mois!- d’insultes, de bassesses, de coups fourrés et de faux coups de gueule, le premier tour est passé, éliminant les moins drôles des candidats pour ne garder que les deux plus faux-culs, les deux plus mielleux, le deux plus…démocrates de tous. Une fois encore, le second tour de cette éléction verra s’affronter un bourgeois progressiste et un bourgeois conservateur: si on dit que la pluralité est la base de l’éléction démocratique, ce n’est pas pour rien…

Préparez-vous donc, mes bons amis, a cinq ans de spectacle, de pantomimes et de communication dégoulinante; cinq ans durant lesquels on viendra chez vous pour vous dire a quel point vous avez eu raison de voter afin de laisser la Rigueur (marque déposée) s’installer encore plus durement dans notre société; cinq ans durant lesquels vous pourrez vous extasier devant cette si merveilleuse démocratie qui saccagera encore plus qu’avant les emplois, l’environnement, les salaires, la solidarité sociale; cinq ans durant lesquels les flics vous remercieront d’avoir rempli votre devoir citoyen a grands coups de Tonfa dans la gueule…Démocratie bleue ou démocratie rose, capital libéral ou capital social-démocrate, tous les chantres du pouvoir de l’Elysée et du parlement sont d’accord pour dire que ces cinq ans seront la meilleure blague faite aux prolos  depuis longtemps.

FCL dit merde à cette campagne et à cette éléction; elle dit merde aux mensonges de Hollande, à la bassesse de Sarkozy, à Le Pen et ses vingt pour-cents,à la servilité et l’hypocrisie de tous leurs lieutenants,  à cette démocratie pourrie qui permet que la haine, l’exclusion et le cynisme deviennent un programme politique!

« Quelle que soit la personne finalement désignée par le vote, elle me demeurera en tous points absolument étrangère. Elle ne me représentera pas. Ses paroles et ses actes ne m’engageront en rien. Elle incarnera l’Etat d’une manière abstraite et fantoche, comme une image dans une télévision, et ses discours, prolongements insipides d’une campagne toute aussi vaine, s’oublieront aussi vite qu’ils ont été prononcés. La machine du pouvoir subsistera dans l’état de ce qui fait sa puissance réelle, avec ses flics, ses juges, ses matons et ses serviteurs divers et variés. Les pauvres seront toujours pauvres et les riches toujours riches. Et ce qui pourra être détourné de cette logique d’exploitation ne le sera jamais parce qu’un politicien, meilleur qu’un autre, aura été élu, mais parce que cela sera arraché par des luttes d’autant plus libres qu’elles seront plus sauvages »

Léon de Mattis, Mort à la démocratie

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L’Azawad vâs l’indépeindaince

L’Azawad vers l’indépendance

 

Communiqué n° 14 – 04-04-2012 – Fin des Opérations Militaires

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad, suite à la libération complète du territoire de l’Azawad et compte tenu de la forte demande de la Communauté Internationale, notamment du  Conseil de Sécurité et de Paix des Nations Unies, des États-Unis  d’Amérique, de la France ainsi que des États de la Sous-Région :

• Décide unilatéralement de proclamer la fin des opérations militaires à compter du jeudi 5 avril à minuit T.U.

En  conséquence, invite les États de la Sous-Région et la Communauté Internationale à garantir le Peuple de l’Azawad, contre toutes agressions  du Mali.

Gao, le 4 avril 2012
Secrétaire Général du MNLA
Bilal Ag Acherif

Communiqué du MNLA publié le 4 avril 2012 à 19h34

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Entretien avec Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). Il s’exprime sur la situation dans l’Azawad après la conquête, ces derniers jours, de tout ce territoire (qui constituait le nord du Mali) par le MNLA.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1333618843.jpgMossa ag Attaher

Quelle est aujourd’hui la situation militaire dans l’Azawad ?

Actuellement, le MNLA contrôle l’intégralité du territoire des trois régions principales qui forment le territoire de l’Azawad, à savoir celles de Kidal, Gao et Tombouctou. Dans ces trois villes, les chefs politiques et militaires du MNLA sont installés au siège des gouvernorats, là où se trouvaient il y a peu les gouverneurs et fonctionnaires maliens. Dans chacune de ces villes, nous maîtrisons la situation : les forces du MNLA ont d’ailleurs rapidement mis fin aux pillages et saccages auxquels se sont livrés ce weekend certains éléments indésirables. Au-delà de ces centres urbains, tout le reste du territoire de l’Azawad est sous contrôle du MNLA.

Plusieurs organes de presse affirment pourtant qu’à Kidal c’est le mouvement islamiste Ansar Dine, conduit par Iyad ag Ghali, qui a investi la ville ?

À Kidal, comme à Gao et Tombouctou, c’est bien le MNLA qui occupe le siège du gouvernorat. Depuis la création d’Ansar Dine, nous n’avons cessé d’affirmer que ce groupe est très loin de nos aspirations. Nous sommes en inadéquation avec tous les mouvements islamistes. Rappelons qu’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) prospérait dans notre région sans être jamais inquiétée par le Mali. Depuis que le MNLA a pris les armes le 17 janvier, AQMI a déserté la zone, ou, du moins, se fait beaucoup plus discret.

Quant à Iyad ag Ghali, l’état-major du MNLA l’a convoqué à Tessalit il y a plusieurs jours afin de comprendre la logique de son mouvement. Il affirme qu’il souhaite instaurer la charia au Mali ainsi que la restauration du pouvoir des oulémas (juristes musulmans) et cheikhs religieux à Kidal, sa région d’origine.

Le MNLA lui a signifié très clairement son désaccord : en effet, nous ne cherchons pas à imposer quoique ce soit au Mali puisque le MNLA a pour objectif la constitution d’un Azawad indépendant et démocratique, distinct de l’État malien. De plus, l’État azawadien qu’envisage le MNLA sera laïque. Nous garantissons une liberté de culte totale à tout citoyen azawadien.

Dans notre culture millénaire, la femme occupe une place centrale. Le MNLA souhaite rendre à la femme azawadienne la place qu’elle mérite. Il est hors de question d’imposer à la femme azawadienne un quelconque ordre religieux qui la rabaisse, que ce dernier soit islamique ou autre.

Au vu de ces dissensions, Ansar Dine constitue donc une menace potentielle pour le MNLA ?

En termes militaires, Ansar Dine est loin de constituer un adversaire de taille pour le MNLA. Nous sommes un mouvement révolutionnaire. Depuis notre création, nous accumulons les recrutements. Nous alignons aujourd’hui plusieurs milliers de combattants dans tout l’Azawad, bien armés et bien encadrés par des officiers supérieurs, ainsi que par des intellectuels. Ansar Dine rassemble au maximum quelques centaines de combattants, majoritairement issus de la famille et de la tribu de leur chef, Iyad Ag Ghali, auxquels se sont joints certains Arabes. À l’inverse, le MNLA compte dans ses rangs des représentants de l’intégralité des tribus touarègues, ainsi que des autres peuples de l’Azawad que sont les Songhaï et les Peuls.

Nous souhaitons que les média arrêtent d’entretenir la confusion et d’assimiler le MNLA à des groupes islamistes. Nous nous démarquons de l’idéologie islamiste. Le MNLA ne s’occupe pas de la confession religieuse des citoyens de l’Azawad.

Après les chutes de Kidal, Gao et Tombouctou ce weekend, le MNLA envisage-t-il de poursuivre l’armée malienne en retraite, jusqu’à Mopti, voire pousser encore plus au Sud et menacer Bamako ?

Depuis sa constitution l’année dernière, le MNLA s’est fixé un seul objectif : libérer de l’occupation malienne l’intégralité du territoire composé des régions de Kidal, Gao et Tombouctou. Nous n’avons aucune autre ambition territoriale. Nous avons réalisé ce but et ne comptons pas nous attaquer maintenant aux villes du Mali.

Cependant, nous mettons en garde les autorités maliennes, quelles qu’elles soient : si elles remettent en cause la libération de l’Azawad et tentent de revenir l’occuper, le MNLA réagira. Nous avons montré que nous avons des moyens et de la détermination. En cas d’incursion malienne en territoire azawadien, nous nous réservons le droit de frapper Mopti et même d’intervenir bien plus au Sud. Le Mali doit respecter la volonté d’autodétermination du peuple de l’Azawad, sans quoi il en subira les conséquences en son cœur.

On dit que des Touaregs auraient été massacrés par des soldats maliens à Tombouctou. Confirmez vous cette information ?

Effectivement, des exactions ont eu lieu de la part de l’armée malienne. Samedi dernier, le colonel Hadj Ag Gamou, un Touareg qui dirigeait l’offensive anti-MNLA de l’armée malienne dans l’Azawad, a annoncé par communiqué et sur RFI son ralliement au MNLA. Suite à cette annonce, des soldats maliens, originaires du Sud, stationnés à Tombouctou, s’en sont pris à leurs camarades touaregs, les accusant de traîtrise. Plusieurs ont été abattus sommairement. Après ces exactions, les militaires touaregs du camp de Tombouctou ont ouvert le feu sur les militaires sudistes. C’est d’ailleurs cela qui a précité la libération de Tombouctou par le MNLA : nous ne souhaitions pas intervenir si tôt, afin de permettre au maximum de civils de quitter la ville avant l’assaut. Mais devant ces évènements, le MNLA est intervenu pour porter secours aux militaires touaregs révoltés. Un missile a été tiré sur l’arsenal du camp, provoquant un incendie qui leur a permis de s’enfuir et de rejoindre les rangs du MNLA. Nous avons alors investi Tombouctou.

Le MNLA semble isolé sur la scène internationale. La Cédéao affirme son soutien à l’État malien. Entretenez-vous des relations avec les États de la région ?

Lors de la création du mouvement, il y a plus d’un an, nous avons pris attache avec les États voisins, notamment le Burkina-Faso, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger. Nous leur avons signifié notre volonté d’obtenir l’autodétermination pour l’Azawad. Depuis, nous avons enrichi nos relations avec eux. Ces pays sont au courant de nos actions et de nos revendications.

Nous sommes également en contact avec la Cédéao. Nous leurs avons exprimé notre désaccord avec leur récente décision de mobiliser 2000 soldats des États de la région. Nous nous demandons ce que ces soldats viendront faire dans l’Azawad. S’ils cherchent à jouer les forces d’interposition, nous leur rappelons que, l’armée malienne ayant quitté les lieux, il n’y a pas de front, ni de lignes de combattants entre lesquels s’interposer. S’ils viennent pour appuyer l’armée malienne et tenter de dégager de l’Azawad les forces du MNLA, nous les combattrons au même titre que l’armée malienne.

Où était la Cédéao durant toutes les années où les populations de l’Azawad étaient frappées par la maladie, l’exil, la malnutrition, le mépris d’État, la sous-éducation ? Où était la Cédéao quand les campements de civils azawadiens étaient bombardés par des hélicoptères de guerre maliens ? Ne sommes-nous pas également des citoyens africains ? N’est-ce pas le rôle des chefs d’État de la Cédéao de répondre aux aspirations des peuples de la région ? Les attentes et les souffrances du peuple de l’Azawad doivent être prises en compte par les États de la région et la diplomatie internationale.

Maintenant que le MNLA est, comme vous l’affirmez, maître du territoire qu’il revendiquait, quels sont ses projets politiques ?

La finalité du combat du MNLA est la création d’un État de l’Azawad, indépendant et souverain. En ce moment, sur le terrain, se prépare une grande réunion, laquelle devrait se tenir dans les jours prochains. Les cadres et leaders de tout l’Azawad s’y rencontreront pour mettre en place un système de gestion du territoire. Le MNLA procèdera alors de manière solennelle et officielle à la proclamation de la république de l’Azawad.

Nous nous attellerons alors au grand chantier de la reconstruction, abandonné par l’État malien depuis 1960. Le MNLA souhaite mettre en place des institutions démocratiques, conformément aux aspirations du peuple de l’Azawad. Nos priorités sont l’accession de tous les citoyens de l’Azawad à la liberté et au développement.

Nous disons aux États africains et à la communauté internationale — qui tous prétendent vouloir mettre fin au conflit — que, pour y mettre définitivement fin, il faut rendre à l’Azawad la reconnaissance politique à laquelle il aspire. Le droit à l’autodétermination est un droit inaliénable de tout peuple. Il faut que la communauté internationale fasse preuve de courage et reconnaisse que, pour respecter la volonté des peuples, il faut remettre en question le principe de l’intangibilité des frontières. Une paix durable dans la région saharo-sahélienne passe par l’acceptation du libre choix politique de l’Azawad et de son droit à se constituer en État.

Blog du Monde Voix berbères, 5 avril 2012

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Lai crouê di Borgonye

Emblème des Ducs de Bourgogne

De couleur rouge, elle fait partie de l’emblématique des ducs de Bourgogne depuis Jean Sans Peur (1371-1419), qui en fait le signe de ralliement de ses partisans face à la croix blanche droite que portent les hommes du comte d’Armagnac. Son fils Philippe le Bon, en plaçant en 1429 son Ordre de la Toison d’Or sous l’invocation de saint André, fera un usage abondant de cette croix qui ne quittera plus l’emblématique des ducs de Bourgogne et de leurs successeurs : de l’embouchure du Rhin à la vallée de la Saône, les possessions ducales vont se couvrir de croix de saint André, généralement représentées sous la forme de deux bâtons écotés rouges passés en sautoir. Lorsque Charles le Téméraire trouve la mort devant Nancy en 1477, la croix de saint André devient  » le signe de ralliement de ceux qui demeurèrent fidèles à l’orpheline « , sa fille Marie de Bourgogne.

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Un drapeau à la Croix de Saint-André
© Mathieu Bourgeois-Dahen

Dans l’héritage des Habsbourg

La mariage de Marie avec l’empereur Maximilien fait passer la croix dans le domaine des Habsbourg, en même temps que le comté de Bourgogne lui-même. L’empereur hérite avec cette croix des deux signification symboliques qu’elle a acquise en tant qu’emblème d’opposition à la France d’une part et en tant que rappel de l’héritage bourguignon d’autre part. La croix de Bourgogne suivra les destinées de l’empire de Charles Quint : après son abdication en 1556, elle sera l’emblème à la fois des empereurs germaniques et des rois d’Espagne. Avant 1477, la croix de Bourgogne était commune aux deux rives de la Saône : à la mort du Téméraire, Louis XI met fin à cette situation en intégrant définitivement le duché de Bourgogne à la France. Tandis que la croix de saint André flotte en Comté comme dans toutes les autres possessions des Habsbourg, celle-ci paraît disparaître du duché de Bourgogne : aucune des 75 plaques de cheminée que conserve le Musée de Semur-en-Auxois n’en est orné, alors qu’elles sont extrêmement nombreuses en Franche-Comté. Intégrée progressivement à la France, la Bourgogne ne pouvait guère continuer à arborer un emblème massivement utilisé par ses ennemis Comtois et, au-delà, habsbourgeois.

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Croix de Saint-André sur un monument funéraire

Des Comtois fiers de leur croix

Les habitants du comté de Bourgogne considèrent quant à aux cet emblème glorieux comme la preuve tangible que l’Empereur se rattache à la lignée de leurs comtes. L’historien comtois Jean Girardot de Nozeroy se fait le héraut de la fierté de ses compatriotes, qui ont transmis la croix de saint André au souverain le plus prestigieux d’Europe :  » les princes de la maison d’Austriche, empereurs et monarques, ont fait tant d’honneur à la maison de Bourgougne qu’ils ont pris et retenu son ordre de la Toison d’Or, ses livrées et ses estendarts, qui se voyent aujourd’hui arborez par eux sur tout le rond de la terre « . Face aux bannières françaises, elle est utilisée massivement dans les régiments d’infanterie comtois et flamands. Dans la Comté, l’antique signe de ralliement est abondamment utilisé. Placée aux frontières du pays, gravée dans la pierre des linteaux, la croix figure également sur les fers de reliure du Parlement de Dole, sur le sceau des Minimes de la province du comté de Bourgogne et des villes de Bletterans et Moirans. On le retrouve dans les armes de Jussey et de Jonvelle dès la fin XVIème siècle, et il n’est guère de porte de ville qui n’en soit frappée. En Franche-Comté, la croix de saint André est devenue un véritable emblème patriotique, et les tensions croissantes avec la France ne vont faire qu’intensifier son usage.

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Les armoiries du parlement comtois au XVIIe siècle, avec le lion entre deux croix de saint André (dessin de Jules Gauthier)

Certes, les Comtois ne sont pas les seuls à faire usage de cette croix : les étendards des troupes flamandes puis espagnoles en sont frappées, et sur toute l’orbe terrestre, des sujets des Habsbourg tiennent à exprimer leur loyauté dynastique par l’apposition de cette croix en des supports variés. Pourtant, parmi les marques d’attachement à cette croix, on rapporte que  » les régiments levés dans notre province ne voulurent pas laisser aux terces espagnols le privilège de les déployer [les étendards aux croix de Bourgogne] en marchant au combat « . Cette anecdote est à notre sens révélatrice du double signifié exprimé par la croix de saint André : pour les Comtois, arborer la croix de saint André est certes une marque de fidélité aux Habsbourg – et en cela, ils ne se distinguent guère de leurs autres sujets – mais c’est aussi pour eux le moyen de rappeler qu’ils sont Bourguignons, à une époque où leurs voisins d’outre-Saône ne sont plus  » que  » Français. Cette dimension identitaire, que l’on peut qualifier, avec tous les guillemets de rigueur, de  » nationale  » ou d’ » ethnique  » est fondamentale, et distingue précisément les Comtois des Flamands ou des Espagnols. Si les Comtois utilisent cet emblème, c’est parce qu’ils le regardent comme le leur.

Tentative d’appropriation par Louis XIV

Curieusement, c’est précisément sous le règne de Louis XIV que la croix de saint André va réapparaître discrètement en duché de Bourgogne, d’abord sur un jeton de 1651, puis timidement dans les années 1660. C’est en effet l’époque où Louis XIV commence à afficher ses prétentions sur la couronne espagnole, mettant en avant le fait que sa mère et son épouse sont filles aînées des rois d’Espagne. Sans attendre une quelconque légitimation de ses arguties, il décide à partir de 1667 de se lancer dans la conquête des territoires qui relevaient de l’ancien Etat bourguignon. Considérant la croix de saint André comme partie intégrante de son héritage, il accepte qu’elle soit placée, couverte de lys, sur l’étendard du Régiment de Bourgogne qu’il forme en 1668 afin d’enrôler les Comtois favorables à la cause française. Cette composition inspire à l’historien comtois Jules Chifflet (1615-1676) les propos suivants :  » Ils [les officiers du régiment] prirent pour drapeaux une croix de Bourgogne semée de fleurs de lys, dont si j’avois entrepris de décrire l’offense, il sembleroit que je voulusse l’aggraver […]. Nos anciens princes qui sont en l’autre vie, à la vue de cet étendard, auroient peine de croire un tel oubli de notre nation, sinon jugeant, comme tous les hommes sages firent, que Dieu fit entreprendre cette témérité pour nous humilier d’autant plus par le reproche qui en sera fait à jamais à ceux qui s’enrôlèrent sous une telle enseigne « . Ce témoignage atteste de la force des liens unissant les Comtois à leur croix bourguignonne. Du reste, les tentatives d’appropriation de la croix de Saint André par Louis XIV font long feu : on la retrouve, certes, comme emblème de la compagnie de Gendarmes bourguignons établi en 1674, ainsi que sur le drapeau du régiment Royal Comtois créé après la ratification du traité de Nimègue en 1678. Deux régiments comtois (Salins et Vesoul) et deux bourguignons (Dijon et Autun) placent également une croix de saint André rouge sur leur drapeau, dans un dessin toutefois légèrement différent de la croix de Bourgogne proprement dite. Toutefois, sur les champs de batailles européens, la croix de Saint André frappe bien plus fréquemment les étendards des armées ennemies que ceux des troupes du roi de France…

Un signe de ralliement des opposants au roi de France

La croix de saint André est également utilisée par les Comtois pour marquer leur opposition à la conquête française : on rencontre ainsi, dans l’Armorial général de 1696, un impôt sur les armoiries créées par Louis XIV, plusieurs armoiries de bourgeois comtois qui s’exécutent en payant cette taxe, mais protestent symboliquement en déclarant des armoiries ornées de croix de saint André…

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Les armoiries de Pierre Ravier, curé de Vercel en 1701. Sur cet écu, les deux croix de Saint André marquent l’hostilité du prêtre face à la présence française (dessin de Laurent Granier)

De même, et ce jusqu’au milieu du XVIIIème siècle, on coulera des plaques de cheminée ornées de croix de saint André. Elles seront progressivement remplacées par des fleurs de lys qui témoignent ainsi de l’intégration, lente mais irrévocable, des Francs-Comtois au royaume de France. Le Musée Comtois, à la Citadelle de Besançon, conserve de nombreuses plaques témoignant de l’attachement des Comtois au comté de Bourgogne et aux Habsbourg qu’ils ont longtemps considéré comme leurs seuls souverains légitimes.

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Sur cette taque conservée au Musée Comtois, la croix de Saint André est formée de deux bâtons écotés, entrelacés avec un briquet couronné auquel est suspendu la Toison d’Or. Cet ensemble à la gloire des rois d’Espagne, héritiers des ducs de Bourgogne, est soutenu par deux lions comtois (dessin Bernard Guillaume).

De l’oubli à la renaissance

La Croix de saint André fut pendant plusieurs siècles l’emblème du pays et du peuple comtois. Aujourd’hui encore, il est possible de noter leur présence, notamment sur les linteaux de certaines maisons anciennes ou sur les plaques de cheminée. Élément central et pourtant méconnu de notre patrimoine emblématique, elle mérite d’être remise à l’honneur. Même s’il ne s’agit plus aujourd’hui de l’opposer à la France, elle témoigne de l’originalité de notre histoire. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter, par exemple, à l’intégrer aux armoiries communales du pays nouvellement créées. Elles offrent une alternative aussi élégante qu’expressive à notre bon vieux lion comtois.

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Armoiries adoptées par la commune de Villers-Buzon (Doubs) en 2004. Créées par l’auteur de ces lignes, elles incluent la croix de Saint André, dont plusieurs spécimens anciens se rencontrent dans le village (dessin Nicolas Vernot).
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