L’ôvra, c’est lai tçhainté!

Le travail, c’est la santé!

Toutes les 3 minutes, un salarié européen meurt à cause de son travail

Par Ivan du Roy (7 février 2012)

À l’heure où les plans d’austérité se multiplient, où le chômage partiel se banalise, où la durée de vie au travail s’allonge un peu partout, quel est l’état de santé des salariés européens ? Les inégalités sociales face à l’enjeu de la santé au travail demeurent très fortes. Pour espérer vivre vieux, mieux vaut être cadre qu’ouvrier, et ouvrier que jeune précaire. Entretien avec Laurent Vogel, de l’Institut syndical européen.

Basta !  : Comment se portent les salariés européens ?

Laurent Vogel  : Nous assistons à une détérioration de la santé au travail sur le long terme. Le problème est moins l’impact immédiat des conditions de travail sur la santé que le cumul des atteintes à la santé dans la durée. Dans le cadre de l’enquête européenne sur les conditions de travail , lorsque l’on demande aux salariés s’ils se sentent capables de travailler jusqu’à l’âge de 60 ans, les réponses négatives sont importantes. Un effet d’usure se manifeste : seulement 44 % des ouvriers non qualifiés pensent ainsi pouvoir tenir le coup jusqu’à 60 ans, et à peine la moitié des ouvriers qualifiés. Les différences sont fortes selon la place dans la hiérarchie sociale, car la proportion de ceux qui pensent pouvoir tenir le coup monte à 71 % pour les employés les plus qualifiés. Il existe ainsi un fossé entre les ouvriers les moins qualifiés et les personnes qui ont des qualifications élevées. En France, les ouvriers décèdent six ans et demi avant les cadres supérieurs. En Estonie, la différence d’espérance de vie entre un homme âgé de 25 ans possédant un diplôme universitaire et un homme du même âge possédant le niveau d’éducation le plus bas s’est accrue de 13 ans. La situation des femmes est plus favorable que celle des hommes dans des secteurs où les conséquences immédiates du travail sont moins perceptibles. Mais sur le long terme, les femmes perdent tout avantage. Elles sont notamment confrontées tout au long de leur vie à une organisation plus disciplinaire du travail.

Dans un contexte où la durée de vie au travail s’allonge…

Tout cela est effectivement inquiétant alors que dans beaucoup de pays européens l’âge de départ à la retraite et la durée du temps travaillé s’allongent. Cette logique simpliste qui vise à affirmer que l’espérance de vie augmentant, la durée du travail doit suivre, risque d’avoir des effets délétères. Les conditions de travail actuelles rendent cet objectif impossible pour une grande partie de la population.

460 personnes meurent chaque jour en Europe à la suite d’accidents et de maladies liés au travail (168 000 par an selon la Commission des affaires sociales du Parlement européen). Les décès liés au travail ont-ils tendance à se réduire ?

C’est, à mon avis, une estimation plutôt basse. Elle prend en compte les accidents du travail mais aussi les pathologies mortelles provoquées par le travail, principalement le cancer. Les accidents du travail mortels constituent une petite partie de ces décès : environ 6 000 par an. Ils ont tendance à diminuer. D’abord parce que les secteurs économiques changent : il y a moins d’emplois dans la sidérurgie ou les mines, des secteurs davantage exposés aux accidents. Ensuite, grâce à une amélioration des conditions de travail et de la prévention de la sécurité. Nous observons cependant une augmentation claire des cancers d’origine professionnelle. Cela s’explique vraisemblablement par une meilleure connaissance des différents types de cancers – nous sommes mieux en mesure de dire que tel cancer est causé par telle activité. Mais nous vivons aussi dans un modèle économique très dépendant des substances chimiques. Un point de PIB supplémentaire équivaut à une augmentation d’1 % des substances chimiques dangereuses produites par l’industrie. Selon certaines estimations, environ 28 % des travailleurs sont exposés à des substances cancérogènes . Les ouvriers sont beaucoup plus exposés que les employés, et les cadres supérieurs sont ceux qui s’en tirent le mieux. Dans le cas de la souffrance mentale et des suicides pouvant être liés au travail, nous ne disposons pas de données d’ensemble crédibles. Mais le phénomène existe partout en Europe, pas seulement en France comme l’a montré le drame des suicides à France Télécom.

En matière de prévention des risques au travail, quelle est l’ampleur des inégalités en Europe ?

Cela dépend des secteurs et des types de prévention. En Allemagne, par exemple, si les pratiques de prévention sont plutôt avancées en matière d’accidents du travail, elles ne le sont pas du tout concernant les cancers professionnels. Cela s’explique par le poids de l’industrie chimique. Globalement, plus les inégalités sont fortes dans la société, plus les inégalités découlant du travail sont importantes. Le niveau de prévention dépend aussi des capacités de mobilisation collective dans tel ou tel secteur. En France, le point positif, comparé à d’autres pays européens, est la relative visibilité de cette question depuis la révélation du scandale de l’amiante. Les conditions de travail sont présentes dans le débat public. C’est un préalable pour trouver des réponses efficaces. Autre question : la place du travail et des conditions de travail dans la stratégie globale des syndicats. En Espagne, par exemple, dans le secteur de la construction, la santé au travail a été mise au centre des revendications syndicales. Et les choses bougent. En France, les syndicats sont moins forts qu’ailleurs en Europe, mais la place qu’ils accordent aux conditions de travail se situe plutôt dans une moyenne haute. Avec un obstacle : plus l’emploi est précaire, moins les mobilisations sont possibles.

À ce propos, la Commission des affaires sociales du Parlement européen note « la prolifération de formes d’emploi atypiques (travail temporaire, saisonnier, dominical, à mi-temps, télétravail) ». Ces emplois précaires ont-ils un impact sur la santé des salariés ?

Les jeunes générations sont principalement concernées par la multiplication de ces formes d’emploi. Chez les jeunes qui ont entre 20 et 30 ans, les facteurs de précarité juridiques sont deux, voire trois fois plus importants que chez leurs aînés. Et ce, partout en Europe. Quel sera leur état de santé dans deux ou trois décennies ? Si chacun subit cinq ans de précarité avant de trouver une forme d’emploi stable, ce n’est pas trop lourd. Le problème est que la durée de ces emplois précaires s’allonge. Pour certaines catégories, ces emplois atypiques tendent à devenir la règle ! Aux Pays-Bas, les trois quarts des femmes travaillent à temps partiel. Cette proportion est de l’ordre d’un tiers pour l’ensemble de l’Union européenne. Les données fournies par le Secours catholique, et qui sont disponibles aussi ailleurs en Europe, montrent la corrélation entre la précarité en termes d’emploi et l’augmentation des tentatives de suicide. Il existe aussi une précarité que l’on peut décrire et quantifier – le nombre de CDD, d’intérimaires, de saisonniers… – et une précarité de fait, plus difficile à mesurer statistiquement. Elle est liée aux situations de sous-traitance : des personnes en CDI sont cependant précaires car leur emploi peut être remis en cause à tout moment, du fait, par exemple, d’un donneur d’ordre qui va changer de sous-traitant pour des raisons de coûts plus faibles. Ce sont des situations courantes dans le secteur du nettoyage, où la forme du contrat n’a finalement aucune incidence sur le niveau de précarité.

Quelle serait alors la priorité ?

Le point important serait de renforcer le contrôle collectif : la possibilité pour les travailleurs d’être représentés, avec des droits associés à cette représentation. C’est tout l’enjeu de la démocratisation du travail : mettre en débat, avec les travailleurs de l’entreprise, ce qui se passe. Ensuite, ce débat ne doit pas se limiter aux seuls salariés de l’entreprise. Des acteurs, en dehors, doivent pouvoir intervenir. La population concernée par une activité – consommateurs, riverains… – doit également avoir son mot à dire.

Pensez-vous que la santé des travailleurs passe après celle des consommateurs ?

Il existe effectivement un décalage. Il est plus facile de mobiliser sur la protection de l’environnement que sur les inégalités sociales, qui passent souvent au second plan. Les règles et législations concernant la protection de la population, des riverains, des consommateurs vont souvent être plus efficaces que celles concernant la prévention de la santé des travailleurs. Le bisphénol A est un épisode révélateur. Tant mieux si cette molécule dangereuse est interdite dans les biberons. Le problème est que l’on oublie de s’interroger sur les travailleurs qui manipulent des produits contenant du bisphénol. C’est logique : parler de la santé des enfants provoque une réaction plus rapide que si l’on évoque le sort des travailleuses des entreprises de nettoyage. Cela alimente le débat sur ce que doit être une écologie politique qui intègre l’enjeu des inégalités sociales.

En France, dans le cas de scandale comme les prothèses PIP, ou certains accidents industriels, on n’entend quasiment pas le point de vue des salariés qui travaillent pourtant au sein de ces entreprises. Comment expliquez-vous cette « omerta » ?

Quand les travailleurs fabriquent des produits contenant des substances dangereuses, eux-mêmes ne le savent pas forcément. En France, l’affaire Adisseo, une entreprise qui a connu un grand nombre de cas de cancer parmi ses employés , est emblématique de ces situations. Dans l’affaire des prothèses PIP, il semble que ce soit aussi le cas. C’est d’abord de la responsabilité des industriels. Il faut leur imposer une évaluation préalable des risques, avant qu’un produit soit lancé et que l’on soit obligé de rectifier le tir dix ans plus tard à cause de sa dangerosité. Autre élément : le chantage à l’emploi. Ce ne sont pas les travailleurs qui décident des composants d’un produit ! D’autre part, ce n’est pas nécessairement dans la production initiale que le risque est le plus dangereux, mais dans sa dispersion. Fabriquer un produit nettoyant, par exemple, peut ne pas être trop dangereux, mais l’utiliser entraînera de graves dégâts sur la santé. Sans oublier ce qui se passe lors de son recyclage… Cela pose la question de la solidarité interprofessionnelle.

Basta Mag

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Grètçha: vâs yun foûetemps yibretâre

Gréce: vers un printemps libertaire

Situation explosive. On ne le répétera jamais assez. De l’État comme d’une large frange de la population grecque qui se cherche des repères collectifs, nous allons vers une « situation de guerre », d’« explosion », de « clash final ». Les événements s’accélèrent très rapidement, dans une nouvelle temporalité double : celle de la misère grandissante et du génocide social par le Capital assassin ; celle de la guerre sociale qui monte en intensité de part et d’autre de chaque camp. Explosion il y aura, c’est une certitude. Explosion sociale, populaire et émeutière. Il y aura. C’est une certitude. La seule question qui subsiste réellement, tant pour l’État que pour le mouvement révolutionnaire est : quand ? C’est-à-dire dans quelles circonstances, à quel point de rupture précis, selon quel équilibre des forces politiques du moment. Lorsque la police tuera à nouveau (« malgré elle », puisqu’elle a de sévères ordres tactiques à éviter toute mort d’homme comme condition garante d’un semblant de paix sociale) ? Lorsque les députés néonazis seront plus de dix au Parlement suite aux prochaines élections (qui n’ont pas encore de date définie par ailleurs) ? Lorsque la police militaire occupera les rues des quartiers d’Athènes comme la casbah d’Alger en 1959 ? Lorsque la Grèce sera exclue de la zone euro ? Lorsque les gens mourront de faim dans les rues par dizaines voire centaines ? Lorsqu’une grève générale de longue haleine prendra nécessairement ? Dans trois jours, deux semaines, deux mois, un an ?

En vérité, le pays est déjà en faillite. En vérité, les Gauleiter sont déjà en Grèce à gérer les affaires intérieures. En vérité, la droite populiste a déjà gagné les élections, et le parti néonazi sait avoir autour de dix députés. En vérité, tant la population que l’État savent déjà que la grande majorité des camarades sont déjà armés. En vérité, la middle class a déjà disparu. En vérité, le génocide social des sous-lumpen est déjà en cours. En vérité, la tolérance de la flicaille du commerce de came comme outil de domination et d’extermination sociale des affamés est déjà effective. En vérité, une explosion sociale prochaine est déjà un fait intégré et inévitable. Mais demeure la seule incertitude : quand et vers quelle direction ? En précisant en outre que la Grèce n’a pas eu de phase de pacification sociale depuis l’après-guerre comme l’ont connu la France et l’Allemagne.

Une autre question essentielle et cruciale et qui est la seule qui se pose pour l’État et le peuple grec : l’explosion sociale en Grèce surviendra-t-elle avant ou pendant les grands mouvements sociaux qui vont troubler l’Espagne, l’Italie et la France prochainement ? Quelle sera l’articulation entre les troubles sociaux plus ou moins sérieux en Europe et l’explosion fracassante qui va se produire en Grèce ?

La nécessité fait loi : pour l’État grec, l’évidence aucunement remise en cause de devoir se plier aux impératifs de la Troïka et l’évidence simultanée de devoir anticiper les réactions populaires. Pour le peuple grec, l’évidence de devoir survivre à tout prix et nourrir ses enfants, par tous les moyens, dans une nouvelle guerre des « pauvres contre les très pauvres », et l’évidence simultanée d’être condamné à une mort certaine et de créer des points d’impact collectifs, autrement dit une solidarité sociale.

Nouvelle temporalité, double.

Dans la temporalité de la misère grandissante et du génocide social, les condamnés s’entre-déchirent lors des rationnements municipaux d’une demi-heure pour une gamelle de purée et un gobelet de soda, s’organisent par clans pour le marché noir, et voient la vente de came, nouveau business de mort qui surfe sur le dos de la misère, faire des ravages parmi les plus faibles et isolés. Nécessité pour l’État d’une gestion laxiste de cela. Nous nous promenons, et voyons les flics procéder à des opérations de rafles de migrants très localisées et chronométrées. La dernière que nous avons vue s’est passée à la place Victoria où une quinzaine de migrants se sont vus pris par 5 flics, fouillés, palpés, alignés, presque mains sur la tête, avant qu’un car de police arrive et les embarque tous. Allez savoir où. Encore, des bus mi-remplis de migrants capturés par dizaines un peu partout. Prétexte officiel : le marché noir et la vente de came ; mais surtout la vente ambulante sauvage dans les rues, l’entraide et la solidarité entre migrants. Dans le même temps, nous voyons le soir enfants et individus fouiller dans des montagnes de déchets renversés sur les trottoirs, des nouveaux tox se shooter en pleine rue, d’autres déjà démembrés par la came et encore tremblants du manque.

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Les migrants parqués sur un muret, le car arrive.

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Un peu flou. Alignement des migrants embarqués dans le car. Place Victoria.

Dans la temporalité de la guerre sociale et de la résistance populaire et ouvrière, la nécessité de créer une solidarité de fond dans une lutte radicale de fait, et de longue haleine, envers et contre l’urgence sociale criante.

Le samedi 4 février, pour la première fois depuis les événements des 19 et 20 octobre, les groupes anarchistes se sont coordonnés pour appeler à une manifestation contre la crise, l’État et le capitalisme. Nous nous attendions tous, pour ce genre d’appel exclusivement anarchiste, à 1000-1500 personnes. Finalement, nous serons plus de 5000 à manifester « illégalement » et de manière ordonnée en plein centre-ville et jusque devant le Parlement. Démonstration de force de la part d’un appel anarchiste révolutionnaire réussie, un succès. Les camarades n’avaient que deux banderoles, ouvrant et fermant le cortège protégé sur les côtés par des formations de combat avec drapeaux-bâtons, casques et masques à gaz, parés à la moindre tentative de répression policière. Les slogans principalement scandés sont « contre l’État et le capitalisme, la solidarité est l’arme des peuples », « pour une lutte autonome, sans les syndicats », et de nombreux cris de guerre anti-flics. Face aux lignes ennemies anti-émeute protégeant le Parlement, les camarades ont formé plusieurs lignes d’autodéfense et de combat le temps que le cortège anarchiste révolutionnaire soit hors de portée.

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Formation de combat et lignes d’autodéfense face aux lignes ennemies.

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Et en face :

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De nombreux « très jeunes », de 15-18 ans, étaient parés au fight mais la discipline collective a permis d’être plus malin et stratège que l’ennemi, ne lui donnant pas l’occasion de nous réprimer, face au manque réel de rapport de force direct.

Suite à la manifestation qui s’est stoppée devant le Rectorat, provoquant un blocage complet de l’avenue, cinq motos de voltigeurs Delta ont malgré tout tenté un coup de pression en encerclant un groupe de six camarades isolés quelques rues plus loin, ont fouillé leurs sacs et trouvé masques à gaz et gants, prétexte facile pour les arrêter. Mais en moins de dix minutes, un groupe serré de cinquante camarades encagoulés ont attaqué pour récupérer les copains en difficulté, provoquant la fuite désordonnée des voltigeurs qui ont même laissé les sacs sur place.

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Le soir même du 4 février, un groupe de soixante camarades encagoulés ont attaqué à coups de lance-pierre la résidence privée du Président de la Grèce, en solidarité avec les prisonniers politiques et pour leur libération. Ils ont été pourchassés par une colonne de voltigeurs à travers les ruelles serrées d’Exarchia mais ils ont réussi à se disperser de manière très coordonnée, et aucune arrestation n’a été déplorée. Mais durant les 24 heures suivantes, toutes les bordures d’Exarchia ont été sévèrement quadrillées par des flics anti-émeute équipés et bus blindés de combat.

Finalement, c’est le lundi 6 février que tout le monde apprend la décision expresse de la part des centrales syndicales d’appeler à 48 heures de grève générale à compter du mardi 7 février, face à la pression de la Troïka et l’adoption prochaine des nouvelles mesures d’austérité par la coalition gouvernementale. Les mots d’ordre sont solennels et très officiels : « temps de la dernière heure », « l’heure est venue, soulevons-nous », « appel au soulèvement populaire et à la prise des places publiques », « la lutte de la dernière chance », etc.

Le mardi 7 février, ce sont officiellement 20’000 personnes qui ont défilé à Athènes et Thessalonique, et à l’instar du samedi précédent, le cortège anarchiste ne comptait que 1000 personnes dans ses rangs, les groupes les plus radicaux et de combat étant absents. Sous une pluie diluvienne et l’orage qui a éclaté violemment la veille comme un signal général, grévistes dans la rue et flics se sont fait face toute l’après-midi à la place Syntagma. À noter une chose intéressante : inversement à la France où les différents groupes se rassemblent d’emblée au point de départ de la manif lors d’une journée de grève générale, en Grèce, chaque groupe et tendance occupe pendant une heure une place spécifique avec déclarations dans les enceintes et positionnement politique, avant de chacun rejoindre en cortège sur des rues différentes la place Syntagma d’où repart collectivement une manif générale. De fait, dans les quatre coins de la ville des occupations et cortèges appellent à rejoindre la grève avant la démonstration spectaculaire « commune ». Le cortège anarchiste n’a pas cherché l’affrontement, seul un bref face à face est à mentionner avec de nouveau les voltigeurs au moment où le cortège se réfugiait dans Exarchia. Il y eut quelques accrochages légers au niveau du Parlement, essentiellement par des mouvements de foule spontanés et les indignés, avec en retrait bien visible les lignes staliniennes qui jouent le spectacle-bluff du « combat ouvrier ». Ces imbéciles d’indignés, comme partout en Europe, mélangent tout et ont brûlé un drapeau allemand avec un drapeau nazi, véhiculant bêtement une haine des peuples et un racisme anti-allemand au lieu de s’attaquer aux appareils d’État et au Capital.

Si la grève générale a été peu suivie numériquement dans la rue, elle a été également relativement « peu » suivie dans les milieux ouvriers et productifs : mardi, écoles, ministères, hôpitaux, médias publics et banques étaient touchés par la grève. Les transports urbains, le métro et les bus ont observé des arrêts de travail. Les bateaux sont restés à l’ancre tandis que les trains ne fonctionnaient pas. En revanche, aucune annulation n’était annoncée dans le transport aérien (info AFP).

La chose est que le sinistre KKE (parti communiste grec), force politique et populaire certaine, avec sa branche syndicale du PAME, a une capacité de mobilisation très figée et rigide, voire militarisée, sachant qu’elle peut « faire » descendre dans la rue entre 10 et 60’000 personnes. Selon ses choix tactiques d’appels, elle sait ainsi d’avance quelle capacité de contrôle elle peut avoir sur une manifestation générale dans la rue, et les probabilités d’émeutes « non contrôlées ». De sorte, la guerre politique et de terrain entre les groupes anarchistes et staliniens est  impitoyable et actée. La donne incertaine qui reste est la masse effective de personnes qui descendent dans la rue « d’eux-mêmes », pouvant provoquer un « chaos incontrôlé ». Ce fut le cas les 19 et 20 octobre 2011, forçant le KKE et le PAME dans ses branches militarisées à réprimer la foule dans une fonction strictement policière et ouvertement collaborationniste.

Cette grève générale, la première du genre depuis octobre dernier, sonne cependant comme un nouveau départ de lutte, et la résistance populaire et ouvrière s’organise tant bien que mal de manière autonome. Aussi, le mouvement Ne Pas Payer, en perte de dynamique depuis l’été 2011, annonce soudainement le lancement d’une « lutte de 100 jours en solidarité avec les grévistes de l’acier et pour toute la classe ouvrière », ont déjà bloqué plusieurs péages aujourd’hui, et déclare dans un communiqué (source Indymedia Athens) :

Mouvement Ne Paie Pas

Le Mouvement dit Ne Pas Payer la crise, prône la solidarité et la grande coalition ouvrière pour lutter avec les grévistes de l’acier. C’est la lutte pour tout ce qui est donné par les travailleurs de l’acier ici et 100 jours pour toute la classe ouvrière. Le Mouvement Ne Paie Pas a pour la première fois retrouvé sur le bord de l’acier toutes leurs forces ! Nous allons tout faire, pour soutenir et faire vaincre la lutte de l’acier et pour l’étendre partout, afin de créer un front pallaiko panergatiko, renverser la dictature des banquiers et récupérer ce qui nous appartient. Nous organisons nos forces collectives pour la victoire finale !

LA SOLIDARITÉ EST L’ARME DES PEUPLES

À noter que cette grève dure des travailleurs de l’acier, effective et générale depuis bientôt trois mois maintenant, fut au départ plutôt sauvage et radicale mais s’est fait rapidement rattrapée par les staliniens du PAME qui est parvenue à avoir une mainmise sur cette lutte et à la contenir autant que possible. Une des conséquences directes est l’impossibilité pour les camarades libertaires et révolutionnaires de joindre et appuyer la grève.

Par ailleurs, à Athènes, à midi, plusieurs dizaines de travailleurs grévistes du GENOP-PPC investissent et occupent le Ministère du Développement et ont déclaré vouloir y « demeurer de manière illimitée ». Le ministre du développement Georges Papaconstantinou est séquestré au sixième étage. Dès 13h, des renforts ouvriers rejoignent l’occupation et parviennent à être une grosse centaine. 13h30, de nombreux flics anti-émeute encerclent le bâtiment et bouclent le quartier alors qu’une grosse centaine de grévistes supplémentaires sont venus appuyer leurs camarades à l’extérieur. 14h, des renforts de police anti-émeute arrivent sur les lieux, pendant ce temps les occupants, pour beaucoup syndicalistes, se sont barricadés au 6e étage, toujours avec le ministre tenu en otage. 16h30, les flics attaquent à l’intérieur du bâtiment mais les grévistes refusent de quitter les lieux et résistent, rumeurs de blessés. Les flics se positionnent dans les escaliers du bâtiment, le ministre toujours retenu. Les grévistes syndicalistes ont construit des barricades devant l’escalier, dans les couloirs et devant la porte d’ascenseur. À 18h, le personnel du ministère quitte les lieux, il semble que le ministère soit toujours occupé, le ministre serait toujours retenu. Nous employons maintenant le conditionnel car ceci est extrêmement censuré par les médias grecs et, bien sûr, les médias bourgeois internationaux et Indymedia Athens peinent à trouver des derniers éléments sûrs (…).Vu le contexte, malgré leur petit nombre, c’est juste explosif. Et de nombreux groupes déclarent leur solidarité avec les combattants de la classe ouvrière et leurs principales armes : grève et occupation, blocage et réappropriation. À noter encore deux choses : le puissant PAME se désolidarise de cette action ouvrière, et ce ministre est celui qui a privatisé l’électricité avec des hausses de tarifs ahurissants. Affaire à suivre.

Du côté des camarades anarchistes, une affiche est en cours d’impression massive avant d’être placardée partout dans les rues, appelant à « Tous et toutes dans la rue, tous les jours, prenons-la pour nous tous », avec une allusion évidente aux révolutions arabes :

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Enfin, pour conclure cette chronique, nous faisons tourner ce texte explosif qui tourne sur un important blog « Greek Crisis » en plusieurs langues et qui tourne également sur l’Internet grec, régulièrement mis à jour avec des informations précises et fiables. Bien que non militant et politiquement mal défini, toute la pertinence réside justement dans cet aiguisement de la conscience de classe révolutionnaire dans les couches les plus « citoyennes » du peuple grec. Ce texte, le dernier en date, s’appelle « Déluge et Feu ».

Nous reprendrons ici les deux paragraphes les plus significatifs sur la situation :

« Donc entre-temps, chez nous tout peut se jouer … à la grecque. Dans un rapport récent de la Police, alors présumé connu de la presse, ses officiers se déclarent très inquiets car ils se disent incapables de contenir la foule, durant les émeutes à venir, soulevant même désormais, le manque de volontarisme de leurs subordonnés dans leur besogne. Les hauts gradés de la Police se disent persuadés, que le temps des révoltes est proche. Ils notent avec désarroi qu’il n’y a plus « en face » un mouvement organisé, syndicaliste, ou alors politiquement connu et balisé (celui de la gauche communiste par exemple), ni même celui des indignés, comme durant l’été dernier. Donc il peut y avoir autre chose. Les policiers font également partie de la société. Ils ont des amis, des parents, alors ils savent sentir. Donc ils se disent très préoccupés des éventuelles réactions brusques de ces citoyens, ayant perdu, tout revenu, tout repère et tout espoir, finalement en moins de deux ans. Ces gens qui en 2010 encore, promenèrent leurs enfants au jardin botanique, s’occupaient de leurs courses et leurs loisirs, sans être, les habitués des manifestations, ni des grèves. Mardi soir à la télévision, lors du journal du soir (chaîne Ant1), le représentant syndicaliste des policiers, s’est dit également préoccupé par autre chose : «Si on touche encore une fois à nos salaires, [pour] nous enlever par exemple encore cent euros, alors pour nous c’est la guerre». Décidément la guerre est d’actualité partout. »

Et le deuxième :

‎ »Mais il y a d’autres sujets de notre actualité qui ne se prêtent pas à l’ironie. Lundi dans la journée, Panagiotis Lafazanis, député SYRIZA (formation de gauche), un parlementaire très apprécié pour son sérieux, a déclaré au micro d’une radio locale, qu’au Nord du pays «des réservistes viennent d’être mobilisés pour former des unités de la Garde Nationale [appellation des formations par ce type de recrutement]. Ce qui étonne [souligne Panagiotis Lafazanis], est que ces hommes, reçoivent selon nos informations, à la fois des instructions sur la gestion des intempéries, ce qui est normal nous savons que cette région comme d’autres en Grèce, en subissent trop en ce moment, mais ils reçoivent aussi des instructions sur la gestion des foules et des manifestations qui peuvent dégénérer. Je souligne que des fusils viennent d’être distribués à ces réservistes, alors va-t-on utiliser ces citoyens contre d’autres citoyens ? De quoi ont-ils alors peur, nos gouvernants ?» »

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La situation sociale et de résistance change très rapidement, ce qu’on appelle ici le « clash final » ou tout simplement « l’explosion » peut survenir « frontalement » dans la rue ou non, davantage dans les grèves ouvrières de longue haleine et moins « spectaculaires », peut survenir dans les trois jours, dans les deux semaines ou dans les deux mois. Mais plus de retour en arrière, voilà la seule certitude. Et des deux côtés de la guerre sociale.

Pour une solidarité internationale dans la guerre de classe.
Que la peur change de camp.

Mercredi 8 février 2012.

Le Jura Libertaire

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Di lai dyierre soûtçhâ en Grètçha

Tous s’y attendaient, tous s’y préparaient, tous l’espéraient.

Alors que la Troïka accroît la pression sur le gouvernement d’unité nationale grec qui peine à se mettre d’accord pour appliquer les nouvelles mesures d’austérité, par crainte d’une explosion sociale incontrôlable, le peuple reprend l’initiative.

Dès ce soir [lundi 6 février], et surtout sur Thessalonique et Athènes, tous les groupes de gauche modérée et radicale, les syndicats, partis d’oppositions, groupes libertaires, autonomes et révolutionnaires appellent unanimement de manière hétérogène au soulèvement populaire : depuis ce soir 18h divers groupes et syndicats appellent sur Athènes et Thessalonique à prendre et occuper une douzaine de places publiques, au siège de la chambre des commerces, à des rassemblements et manifestations.

À partir de demain, 48 heures de grève générale sont déjà décrétées. Et le mot tourne, sur toutes les plate-formes possibles : réseaux sociaux, mails, sites contestataires, indymedias, téléphones, affiches, etc. Depuis aujourd’hui, déjà, l’hôpital Kilkis est occupé et réapproprié par son personnel avec une déclaration en dix points qui clament la réappropriation autogestionnaire de l’hôpital et sa « mise totale sous le contrôle ouvrier ». Une grande manifestation de grève générale appelle à se rassembler directement sur la place Syntagma dès 11h demain matin pour assiéger le Parlement. Les mots d’ordre sont solennels : « temps de la dernière heure », « l’heure est venue, soulevons-nous », « appel au soulèvement populaire et à la prise des places publiques », « la lutte de la dernière chance », etc.

Chaque groupe, syndicat et tendance appelle à prendre des places spécifiques. Ainsi, les rassemblements sur Omonia sont appelés par le sinistre KKE tandis qu’un syndicat gauchiste de jeunes appelle à se rassembler devant l’école Polytechnique.

Simultanément, comme un signal, d’énormes tempêtes éclatent sur toute la Grèce, avec pluies diluviennes, orages et tonnerres particulièrement violents.

Demain, Athènes sera une zone de front.

Que la peur change de camp.
Pour une solidarité internationale.

Le Jura Libertaire

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Béfo: chéssainte-heûte ains aiprès lai yibrejiôn…

La libération de Belfort, le 20 novembre 1944

Retour sur les événements de l’automne 1944

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- 15 août 1944 : débarquement en Provence des troupes qui viendront délivrer l’Est de la France.

- début septembre : libération de Besançon.

- mi-septembre : les troupes françaises et américaines sont bloquées dans le Doubs. La logistique n’arrive pas à suivre la progression des troupes et le temps froid et surtout pluvieux n’aide pas, sans compter les mines que l’ennemi, avec ce contre-temps, a eu le temps de semer partout. À Belfort, la Gestapo française et la milice, qui sentent la fin approcher, pillent et sèment la terreur.

- 13 novembre : Churchill et de Gaulle se rencontrent à Maîche. Le Premier Ministre anglais désapprouve l’idée d’attaquer par le temps qu’il fait, mais De Lattre de Tassigny poursuivra l’effort.

- 17 novembre : libération d’Héricourt et de Montbéliard.

- 18 novembre : ordre est donné de couper la retraite allemande en prenant les villages alsaciens de Dannemarie et de Valdieu. La prise de Belfort sera ainsi facilitée, les Allemands ne recevront pas d’aide. C’est le général Carpentier qui devra prendre la ville à l’aide de la 2e DIM (Division d’Infanterie Marocaine).

- 19 novembre : les tirailleurs marocains libèrent Buc et Châlonvillars. L’objectif est de prendre le fort d’Essert et le canal du Rhône au Rhin.

- 20 novembre, 7 h 30 : vingt-sept hommes menés par l’aspirant Delvigne arrivent à Cravanche. Delvigne pénètre le premier dans Belfort et dans l’usine Alsthom. Cela fait quatre ans que les Belfortains n’ont pas vu un soldat français et que le drapeau à croix gammée flotte au sommet du château.

- 20 novembre, 16 h : les blindés du 6e RCA (Régiment de Chasseurs d’Afrique) contournent les fossés antichars situés à Chalonvillars. L’opération ne s’est pas faite sans mal. Le bulldozer appelé pour les combler est resté bloqué sous un pont pour cinq centimètres manquants en hauteur. Enfin, ils entrent dans Cravanche et dans Belfort. Il était temps, les soldats arrivaient à court de munitions et n’auraient plus tenu longtemps face à l’ennemi. Les chars progressent vers le centre-ville (voir notre photo en tête de page) en empruntant l’actuelle rue de la 1ère Armée Française, puis l’avenue Jean Jaurès et le faubourg des Ancêtres.

- 20 novembre, 17 h : les soldats parviennent à la mairie en franchissant les ponts Carnot et Clémenceau sauvés de la destruction par un résistant FTP nommé Edmont Auguié qui a désamorcé les charges posées en dessous. En fin de journée, si le nord-ouest et une partie du centre de Belfort sont libres, les Allemands tiennent encore la Citadelle et les forts de la Miotte et de la Justice.

- 21 novembre : Les boulangers allemands sont surpris en pleine cuisson du pain ! Les soldats du 4e RTM (Régiment de Tirailleurs Marocains) et les spahis marocains vont alors commencer à fouiller et investir toute la ville. La Libération de Belfort est rendue officielle par un affichage en mairie. Des combats de rue de plus en plus violents auront lieu pendant quatre jours avant que la ville ne soit complètement libérée. Le lieutenant Martin est tué dans son char, le Cornouailles, au pied de la Miotte le 21 novembre. Ce char a été transféré à la citadelle où il est encore visible.

- 22 novembre : une quarantaine d’hommes du 3e Commando d’Afrique meurt dans le bois de l’Arsot (près d’Offemont) : la division est quasiment anéantie.

- Nuit du 24 au 25 novembre : les Allemands s’enfuient avant d’être encerclés.

- 25 novembre : le 8e RTM prend possession du château.

En résumé :

Nous retiendrons que la trouée de Belfort était géographiquement un point difficile à prendre. Le temps et la défense organisée de l’ennemi ne jouaient pas du tout en faveur des libérateurs. C’est le courage des soldats français et africains, la stratégie et l’attaque en tenaille du général de Lattre de Tassigny qui auront raison de l’ennemi.

C’est en faisant croire à une attaque dans les Vosges et notamment à Remiremont que les Français et les Américains vont encourager les Allemands à renforcer leurs troupes dans ce secteur, rendant Belfort et Montbéliard plus faciles à reprendre.

Cancoillotte.net

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Novèles di Béfo

Alerte à Belfort le 3 mars : complément d’infos

On se demandait bien quel raciste patenté pouvait être derrière l’organisation de cette conférence « Complot contre la race blanche » avec Ryssen.

C’est un raciste reconnu et fraîchement condamné, Gaëtan Perret, l’unique source ayant tenté de faire circuler discrètement l’annonce de la tenue de cet évènement sinistre via son compte facebook.

(Ce courrier confirme que Gaëtan Séquane est bien Gaëtan Perret)

Pour rappel, Gaëtan Perret, ex-président du front comtois, a été condamné le 8 décembre par le tribunal de Montbéliard pour « provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ».

Sa défense lors de l’audience consistait à se faire passer pour un demeuré, un guignol, quelqu’un qui ne savait pas ce qu’il faisait.

Deux mois plus tard, Gaëtan a déjà oublié cet épisode et pourquoi il a été condamné…

fafwatch ça gratte ? Henri (Lunik) a raison, retournez au papier…

Site: Fafwatch

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Di lai dyierre soûtçhâ en Grètçha

Action directe contre la résidence de Karolos Papoulias dans le centre d’Athènes

Tard dans la soirée du samedi 4 février, des camarades cagoulés ont mené une action directe contre la maison du président de la Grèce dans la rue Asklipiou, jetant des bâtons et des pierres sur sa résidence. Ils ont été poursuivis dans la rue Zoodochou à Exarchia par des unités à moto qui ont tiré des grenades flash-bang. Tout les camarades se sont enfuis en courant.

La responsabilité a été revendiquée :

Ce samedi 4 février, à 20h de l’après-midi, 60 solidaires ont attaqué le personnel de garde, le poste de garde et des véhicules officiels devant la maison du président de la démocratie Karolos Papoulias. Les gardes personnels de Papoulias se sont enfuis et des flyers ont été jeté sur le lieu en solidarité avec les anarchistes Stella Antoniou, Kostas Sakkas, Giorgos Karagiannidis et Alexandros Mitroussias.

Les solidaires se sont retirés en vitesse de façon coordonnée de l’endroit qui est situé près du commissariat. Quelques minutes plus tard, une unité de la police à moto DELTA est apparue et a utilisé des grenades flash-bang en un effort d’atteindre les camarades, mais sans succès.

L’action d’hier était tenue en solidarité avec Stella Antoniou et les autres camarades accusés dans la même affaire, comme une première réponse au refus de sa libération provisoire.

Ces actions vont continuer jusqu’à ce que Stella soit relâchée de prison.

LIBÉRATION IMMÉDIATE DE L’ANARCHISTE STELLA ANTONIOU
LIBERTÉ POUR LES ANARCHISTES SAKKAS, KARAGIANNIDIS, MITROUSSIAS

Anarchistes

Contra Info

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Grètçha: yibretât pö nôs camerâdes!

Grèce: L’anarchiste Giannis Dimitrakis libéré de prison

J’étais, je suis et je serai un anarchiste. Aussi longtemps que je vivrai et respirerai le voyage continuera—Giannis Dimitrakis

L’anarchiste Giannis Dimitrakisa été arrêté et gravement blessé par les balles des flics le 16 janvier 2006, après le braquage de la Banque Nationale dans la rue Solonos dans le centre d’Athènes.

Une tempête de désinformation fut appliquée systématiquement par la police et relayé par les médias de masse, alors que son arrestation a été suivie par une propagande étatique délirante sur l’existence prétendue d’un nommé “gang de bandits en noir”; durant les jours où il était toujours hospitalisé dans une unité de soins intensifs, le ”fameux” procureur antiterroriste Diotis a tenté de l’interroger; ses amis et connaissances ont été ciblés; et furent ajoutées dans le dossier du procureur contre lui, l’accusation antiterroriste ainsi que des charges pour plusieurs autres braquages. Dimitrakis défend le braquage de banque durant lequel il a été arrêté comme un choix politique, comme un choix basé sur son opposition au chantage au travail aussi bien qu’au rôle des banques. De plus, depuis le début et durant toute sa captivité il a été activement présent dans les révoltes et luttes dans la prison et à travers ses écrits il a gardé un contact vivant avec les développements à l’extérieur. La machinerie du procureur a aussi accusé et déclaré recherché dans l’affaire trois autres anarchistes, Simos et Marios Seisidis et Grigoris Tsironis et il a même placé une prime sur leurs têtes en octobre 2009. Simos Seisidis a été acquitté dans les deux affaires pour le cas outrageant du “gang de bandits en noir” et pour la tentative d’assassinat (!) sur le même flic qui lui a tiré dans la jambe. Néanmoins Simos est toujours en détention préventive dans “l’hôpital” de la prison de Korydallos, attendant de comparaître dans un dernier procès, alors que Marios Seisidis et Grigoris Tsironis sont en cavale à ce jour.

L’issue du premier procès de Dimitrakis en juillet 2007 fut une sentence exterminatrice de 35 années. Lors de son appel en décembre 2010 sa peine a été réduite à 12 ans et demi. Finalement, après avoir été incarcéré six années complète, le compagnon a été relâché de prison sur parole.

PAS DE COMBATTANT OTAGE DANS LES MAINS DU POUVOIR
ET DES ÉLITES ÉCONOMIQUES

LIBERTÉ MAINTENANT POUR TOUS EN PRISON

Site: Contra Info

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Botans lou fâtçhismo feûs di Béfo!

Une conférence raciste est organisée autour de Belfort le samedi 3 mars.

Le thème est sans ambiguïté, « complot contre la race blanche » animé par Ryssen.

Image d’une invitation récupérée :

Site: Fafwatch

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Djeûcheté pö l’Êrlainde

Le 30 janvier 1972, les paras britanniques réprimaient dans le sang une manifestation pacifique interdite de l’Association nord-irlandaise des droits civiques. Le massacre allait marquer un tournant dans les trente ans de conflit. Treize manifestants étaient abattus et treize autres blessés. Quarante ans plus tard, les familles des victimes se divisent entre paix et justice.

Quarante ans après le massacre du Bloody Sunday (en français, Dimanche sanglant), l’Irlande du Nord est toujours, à l’image des familles de victimes de ce 30 novembre 1972, divisée. A Derry, ce 29 janvier 2012, un office en hommage aux quatorze victimes du Bloody Sunday – une quatorzième victime est décédée plus tard des suites de ses blessures – est célébré sous une pluie battante par un pasteur protestant et un prêtre catholique. Mais pour Eamonn, la célébration n’est autre qu’« une contre-manifestation du Sinn Fein », parti nationaliste nord-irlandais. Venu « du sud », de la République d’Irlande, il a rejoint la « marche pour la Justice ».

Quatorze étendards de couleur noire précèdent le millier de manifestants de ce 29 janvier 2012. La majorité des familles est pourtant absente. « Il y a eu tant de résistance à cette marche, pourquoi ? » interroge Kate Nash. Le 30 janvier 1972, elle a perdu son frère, Willie, 19 ans. Alex, son père, a été blessé en tentant de le secourir. « Nous sommes sûrs que le soldat qui a tiré et blessé Alex Nash alors qu’il gardait son fils mort, à la barricade », n’a pas pu les percevoir « comme une menace » peut-on lire dans le rapport final (*) de la commission d’enquête remis en juin 2010 au gouvernement britannique. Une enquête de douze ans, conduite par le juge anglais Mark Saville. Elle conclut à l’innocence des 13 victimes tuées à Derry.

Lors de la remise de ce second rapport, le 15 juin 2010, le Premier ministre, David Cameron, avait prononcé un discours historique. « Il n’y a aucun doute. Il n’y a rien d’équivoque. Il n’y a pas d’ambigüité. Ce qui est arrivé ce Bloody Sunday était injustifié et injustifiable » avait-il déclaré.

Pour une partie des familles, la vérité est passée. Mais d’autres réclament des poursuites judiciaires comme Kate Nash, pour qui l’absence de justice est « injustifiée et injustifiable ».

Ce fameux Bloody Sunday, Patrick avait 14 ans. Dans le Bogside, quartier catholique pauvre de Derry, « on s’amusait, dit-il, mais c’était sérieux, c’était la guerre, et ça, nous ne le comprenions pas ». Lui, il a préféré ne pas participer à la marche. « Engager des poursuites judiciaires… Cela va prendre 10 ans, 15 ans, et puis après ? On va laisser la suite sur les épaules de nos enfants ? »

Avocat de trois des familles de victimes du Bloody Sunday, Michael Mansfield estime que le rapport final marque une étape capitale. Désormais, dit-il, «  les gens reconnaissant que les forces britanniques ont tué dans les rues britanniques ». Mais la réponse de Downing Street au Bloody Sunday est unique. Les victimes du quartier de Ballymurphy à Belfast, où 11 civils ont été tués par les soldats de Sa Majesté en août 1971, réclament sans succès une enquête internationale. Et quatorze ans après l’accord du « Good Friday », signé à Belfast en avril 1998, des dizaines de familles réclament toujours justice et vérité. Le conflit opposant loyalistes protestants aux républicains catholiques a duré 30 ans, et compte 3 200 victimes.

Une vérité fragile

En reconnaissant les crimes de l’armée britannique lors du Bloody Sunday le 15 juin 2010,  David Cameron rassurait les parlementaires, notamment les loyalistes nord-irlandais : « Il n’y aura plus d’enquête ouverte, aussi coûteuse [230 millions d’euros, NDLR], sur le passé » disait-il. C’est le prix d’une paix fragile. L’idée d’une commission Vérité sur les 30 ans de conflit a fait long feu.

La vérité émanant du rapport Saville est partielle. Les soldats britanniques ont perdu le contrôle, écrivaient en substance les rapporteurs, les officiers ont mal évalué la situation et Londres n’a aucune responsabilité politique.

Du côté des nationalistes, la responsabilité de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), dont certains affirment qu’elle était active le jour du Bloody Sunday, n’est pas retenue. A Derry, intervenant lors d’une conférence du Sinn Fein le 28 janvier, Martin McGuiness, vice-premier ministre de l’Irlande du Nord et ancien membre de l’IRA prévenait les partisans d’une justice à tout prix que « le passé n’est pas un endroit plaisant ».

A Belfast, Brian Morgan, ancien membre de l’IRA affirme que « tout le monde sait ce qu’il s’est passé en Irlande du Nord mais la vérité est trop chaude pour paraître au grand jour ». « Rocky » -son nom de guerre quand il émargeait à l’IRA- a passé 15 ans à Long Kesh, prison où loyalistes protestants et républicains catholiques étaient internés sans procès. Bobby Sands et neuf autres détenus y sont décédés après une grève de la faim visant à obtenir le statut de prisonnier politique que leur déniait Margareth Thatcher.

« Plus je vieillis et plus ces souvenirs me sont difficiles », avoue Brian Morgan, qui comprend cependant à demi-mot le geste des poseurs de bombes de Derrye 19 janvier dernier, deux bombes explosaient dans les rues de la ville, désignée capitale de la culture du Royaume uni en 2013. « J’étais comme eux en 1998, je n’acceptais pas cette paix- », dit-il. Mais Rocky a aujourd’hui deux fils, auquel il espère autre chose que ce « poison de la guerre ». Le Belfast Telegraph estime que « le poison du Bloody Sunday » a quitté Derry depuis la publication du rapport Saville, et attribue les violences qui frappent sporadiquement la deuxième ville d’Irlande du Nord aux « vestiges fragmentés de groupes armés républicains désormais inactifs ».

Site: rfi.fr

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Sirie: detchus lou frogne é Damasc

Bachar al-Assad a-t-il tenté de fuir de Syrie vers Moscou ?

Cette rumeur, qui a circulé dimanche soir, n’est pas sans fondement.

En fin de journée dimanche 29 janvier, les rumeurs fusent sur internet et en particulier sur Twitter à propos d’une fuite du président syrien Bachar al-Assad. Le dictateur, confronté à une révolte qu’il réprime dans le sang depuis dix mois, aurait quitté le palais présidentiel de Damas et aurait même fui le pays à destination de Moscou. La chaine numéro 2 israélienne est la première source citée par les internautes sur Twitter. Elle reprend en fait une information du quotidien égyptien al-Masry al-Youm.

Aucune confirmation officielle ne tombe dans la soirée, aucun réel démenti non plus, consolidant dans l’esprit des internautes occidentaux la crédibilité d’une telle information. Pourtant, assez rapidement, les opposants syriens présents sur twitter n’y croient pas.

Mais la situation militaire est venue donner du crédit à l’hypothèse d’une fuite d’Assad. Les combats entre l’armée régulière et l’armée libre syrienne (ALS) sont en effet de plus en plus intenses dans le pays et dans la banlieue de Damas selon les représentants de la presse mondiale présents sur le sol syrien. Et selon le correspondant de la BBC au Moyen-Orient, Jeremy Bowen, l’ALS n’est plus qu’à 30 minutes du palais présidentiel de Bachar al-Assad. Une situation militaire qui pourrait pousser le dictateur à la fuite.

Quelles sont les informations rapportées lundi ?

Finalement, après une nuit de rumeurs, le quotidien égyptien al-Masri al-Youm de lundi 30 janvier affirme que l’ASL aurait empêché dans la nuit une tentative de fuite d’une partie de la famille Assad. Dans le convoi tentant de fuir vers l’aéroport se trouvait, selon le quotidien, la mère de Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ainsi que son cousin Rami Makhlouf et ses enfants. Le quotidien rapporte que ce convoi aurait été arrêté par quelque 300 soldats dirigés par un général ayant fait défection récemment. Il aurait finalement rebroussé chemin protégé par des hélicoptères du régime. Mais, encore une fois, cette thèse ne trouve lundi matin aucune confirmation, ni du régime, ni de l’ALS.

Alors que peut-on confirmer ?

Selon des sources au sein de l’ALS, les quelques détails qui peuvent être confirmés sont une recrudescence dimanche soir des combats sur l’autoroute du sud de Damas qui conduit vers l’aéroport. Seuls deux avions ont atterri dans la nuit, ce qui est significatif d’une baisse notable du mouvement aérien. La présence militaire a été décuplée à Damas dont le centre est pourtant épargné par les manifestations et la répression.

Par ailleurs, le général alaouite qui aurait fait défection n’est autre que le général Mohammed Khalouf, chef du renseignement extérieur, dit « branche Palestine ». Or un ralliement de cette homme à l’Armée libre de Syrie est difficile à croire, de même qu’un accord de l’ALS pour l’accueillir en son sein, le militaire ayant trop de sang syrien sur les mains.

Que peut-on en déduire ?

Manifestement, il s’est passé quelque chose entre Damas et l’aéroport de la ville cette nuit. Et le régime, qui a déployé toujours plus de troupes dans Damas, semble redouter quelque chose. « Je ne pense pas que le général Khalouf ait fait défection pour rejoindre l’Armée libre de Syrie » estime un opposant syrien à Paris. « C’est une des forces centrales du régime, il ne partage rien avec l’opposition et sait que celle-ci n’acceptera jamais qu’elle le rejoigne : il a trop de sang sur les mains », commente ce médecin en contact régulier avec le terrain. « Il n’y a que deux explications à une défection de ce général : soit, il a appris que la famille d’Assad tentait de fuir et il ne l’a pas accepté. Soit, il a tenté un coup d’État ce qui expliquerait la présence militaire renforcée à Damas », estime-t-il.

Que Bachar al-Assad ait essayé de fuir ou non, les événements de la nuit démontrent une évolution au plus haut niveau. Le régime se fissure.

Le Nouvel Obs.com, repris sur Le Jura Libertaire

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